Peur sur les taux

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Les taux américains à dix ans sont au plus haut depuis 2011. Une tension qui ravive les inquiétudes des investisseurs sur les risques d’un krach obligataire.

Sommes-nous à la veille d’un krach obligataire ? Cet Armageddon des marchés qui se traduit par une violente hausse des taux d’intérêt accompagnée d’un brutal décrochage du prix des obligations, dont les effets sur l’économie réelle peuvent être dévastateurs. C’est LA question qui hante tous les investisseurs de la planète depuis le début de l’année. Et la forte augmentation du rendement de la dette américaine ces derniers jours a ravivé leurs craintes. Franchissant allègrement  le cap symbolique des 3 % , les taux à 10 ans se sont établis mardi à un plus haut depuis juillet 2011, avant de se détendre légèrement hier. Au total, depuis janvier, ils ont augmenté d’un quart, sous l’effet notamment de la flambée des cours du pétrole qui fait craindre un retour plus fort que prévu de l’inflation. Le phénomène n’est d’ailleurs pas près de s’arrêter, puisque la plupart des spécialistes voient les taux des « Treasuries » grimper au-dessus de 3,5 % d’ici à la fin de l’année !

Un processus inédit

Le problème en réalité n’est pas que les taux américains remontent sur les marchés, entraînant un renchérissement du coût du crédit. Ce phénomène est la conséquence logique et même souhaitable d’un retour à la normale pour l’économie mondiale. Après une décennie d’argent facile et pas cher, les banques centrales, Réserve fédérale en tête, renouent avec des politiques monétaires traditionnelles. Ce qui se traduit notamment par le relèvement de leurs taux d’intérêt. Depuis décembre 2015, la Fed a relevé six fois ses taux et devrait encore le faire  cinq ou six fois dans les dix-huit prochains mois , encouragée notamment par la vigueur de la croissance au Etats-Unis. Mais dans une économie « accro » aux liquidités bon marché, ce processus de resserrement monétaire inédit est à haut risque. Pour se dérouler en bon ordre, il doit se faire progressivement, afin que les entreprises et les ménages aient le temps d’adapter leur comportement et leur endettement à la nouvelle donne. Et c’est bien pour cela que les tensions actuelles sur les taux américains inquiètent les investisseurs. Ils redoutent un dérapage incontrôlé.

Cordes de rappel

Ce scénario noir n’est évidemment pas à écarter. Mais le plus probable reste quand même que la normalisation en cours se passe sans trop d’encombre. Car les cordes de rappel existent et elles sont puissantes. L’inflation, d’abord, qui devrait rester faible, même si elle commence à remonter. Le stock de liquidités cherchant à s’investir ensuite, toujours très élevé au niveau mondial. Et enfin, la plus surprenante, Donald Trump, dont la capacité à provoquer des tensions géopolitiques fait de lui le meilleur allié des valeurs refuges au premier rang desquelles se place les « Treasuries »… 

François Vidal

@Vidal110





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