France-L’opposition doute de la pertinence des frappes en Syrie

* Jacob (LR) dplore une « occasion manque »

* Mlenchon pointe les risques d' »escalade »

* Philippe dfend une riposte « soigneusement proportionne »

PARIS, 16 avril (Informations entreprises) – Droite, Front national,
communistes et France insoumise ont mis des doutes lundi sur la
pertinence des frappes franaises en Syrie, relevant les risques
d’escalade d’une opration « dont l’utilit reste dmontrer »,
ont jug Les Rpublicains (LR).

Conformment la Constitution, l’opration militaire mene
dans la nuit de vendredi samedi contre des sites syriens par
la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis a fait l’objet d’une
information du Parlement, o s’est tenu un dbat sans vote.

L’occasion pour les groupes d’opposition d’exprimer leurs
dsaccords avec cette dmarche, approuve par les partis allis
du parti prsidentiel La Rpublique en marche ainsi que par le
groupe Nouvelle gauche, issu du Parti socialiste.
« L’utilit des frappes franaises en Syrie reste
dmontrer », a dit le chef de file des lus LR, Christian Jacob.

« En intervenant sans mandat, nous craignons que la France se
soit encore un peu plus isole dans cette rgion du monde o
pourtant ses liens auraient pu lui permettre de jouer un rle
la mesure de son Histoire ».

« C’est pour nous, M. Le Premier ministre, une occasion
manque », a ajout Christian Jacob l’adresse d’Edouard
Philippe, qui avait ouvert les dbats.

Le prsident de La France insoumise, Jean-Luc Mlenchon
s’est quant lui inquit des mesures prises « pour viter
l’escalade ».

« C’est la seule chose qui compte quand vous frappez de
savoir jusqu’o vous devrez encore frapper. Et l je dis ‘c’est
le pire nid de frelons' », a-t-il lanc.

« EST-CE QUE CES FRAPPES VONT CONTINUER ? »

Dpourvue d’un groupe l’Assemble, la prsidente du Front
national, Marine Le Pen, a exprim devant la presse au
Palais-Bourbon des inquitudes similaires.

« Aujourd’hui nous sommes confronts des consquences que
nous ne connaissons pas. Est-ce que ces frappes vont continuer
? », a-t-elle demand.

« Emmanuel Macron a pris la dcision d’effectuer des frappes
sans aucun accord de la communaut internationale. Il a, en
cela, viol le droit international auquel il essaie de
substituer une notion minemment vague qui serait une forme de
lgitimit internationale », a-t-elle fait valoir.

Comme elle, nombre d’opposants ont reproch au chef de
l’Etat et ses allis d’avoir agi sans mandat de l’Onu.

« En ce qui concerne le concert des Nations, nous croyons
un monde ordonn », a dit Jean-Luc Mlenchon. « C’est fini le
temps o, quelques pays, on pouvait dcider pour tout le monde
! »

Au nom du groupe de la gauche dmocrate et rpublicaine, le
dput communiste Jean-Pierre Lecoq a invit Emmanuel Macron
se rapprocher de Moscou pour trouver une solution au drame
syrien.

« Moscou n’a pas ferm la porte un dialogue direct avec la
France, y compris dans le cadre d’une visite officielle du chef
de l’Etat Saint-Ptersbourg fin mai », a-t-il dit.

Dans son propos liminaire, comme dans sa rponse aux
intervenants, Edouard Philippe a assur que toutes les
prcautions avaient t prises pour « viter toute escalade ».

« Notre riposte tait amplement justifie dans ses causes,
dans ses modalits, elle a t soigneusement proportionne, des
objectifs exclusivement lis au programme chimique,
exclusivement syriens, elle a t cible pour viter les
dommages aux civils et conue de faon viter toute escalade »,
a-t-il assur. « Le risque et le cot de l’inaction taient plus
grands encore pour notre avenir ».

« Je ne msestime nullement la complexit de la situation au
Levant, elle impose nuances, prudence et rflexion, mais cette
complexit ne condamne ni l’inaction ni l’impuissance face
une violation aussi flagrante des principes qui fondent notre
vie en commun », a insist le chef du gouvernement.
(Elizabeth Pineau et Marine Pennetier, dit par Yves Clarisse)

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