France-L’lection de Pavageau la tte de FO annonce un durcissement

* Pavageau lu avec 96,8% des voix

* Une base dchire entre rformistes et tenants d’une ligne
dure

* Une volont de trouver une unit d’action avec les
centrales

* Les militants en attente d’une prise de position claire
(Actualis avec raction de Jean-Claude Mailly 5 et
prcisions)

par Caroline Pailliez

LILLE, 27 avril (Informations entreprises) – Soutenu par une base qui rclame
une direction plus offensive, Pascal Pavageau, 49 ans, a t lu
sans surprise vendredi secrtaire gnral de Force ouvrire
(FO), symbolisant un durcissement de la position du troisime
syndicat de France.
Il a t lu 96,8% des voix des membres du Comit
confdral national (CCN) lors du 24e congrs confdral de FO
Lille, avec pour mandat de mener une mobilisation
interprofessionnelle avec les autres syndicats pour combattre la
politique sociale d’Emmanuel Macron.

Cette rsolution constrate avec la ligne du secrtaire
gnral sortant, Jean-Claude Mailly, 65 ans, dont le rapport
d’activit a t vot jeudi une trs faible majorit (50,54%).

Les militants de Force ouvrire lui reprochent d’avoir tard
se mobiliser contre les ordonnances de rforme du Code du
Travail adoptes en septembre. Face ce dsaveu, il a dcid de
ne pas assister la dernire journe du congrs vendredi, lui
qui tait rest 14 ans le tte du syndicat.

« Je suis redevenu libre! Discours du nouveau secrtaire
gnral de FO : hypocrisie et duplicit. Respect aux militants
rformistes », crit le numro un sortant sur Twitter la fin du
discours de son successeur, ce que ce dernier a « regrett ».
Fan de hard rock, Pascal Pavageau, un ingnieur des travaux
publics lu au bureau confdral en 2009, aura pour premier dfi
d’unifier sa base dchire entre tenants d’une ligne dure et
d’une ligne plus souple.

DES ACTIONS VENIR

« Mes chers camarades, si l’indpendance est souvent un
combat, l’unit est toujours une ralit Force ouvrire »,
a-t-il dclar dans son discours. « Nous sommes unis par des
valeurs de tout temps au service de l’ensemble des
travailleurs ».

Mais, comme le veulent ses militants, il s’est montr
d’emble plus combatif que Jean-Claude Mailly. Parlant
d’Emmanuel Macron comme d’un « Jupiter » qui « passe en force » et
qui ne « supporte pas les contrepoids », Pascal Pavageau estime
que le temps de l’action est arriv.

« On entend un message qui, finalement, est de nous dire on
va dprotger, on va casser les droits collectifs », a-t-il dit.
« A tous ceux qui veulent attaquer nos valeurs, nous disons vous
ne passerez pas (…) Nous allons rsister, nous allons
revendiquer, nous allons reconqurir de nouveaux droits ».

Dans sa ligne de mire: le projet de loi sur l’assurance
chmage, la formation professionnelle et l’apprentissage, qui a
t prsent au conseil des ministres vendredi, ou encore la
future rforme sur les retraites.

« Tout a, ce sont des sujets majeurs, sur lesquels, encore
une fois, ils rpondent tous de la mme philosophie,
c’est–dire individualiser pour mieux rgner. Il y a une
logique du chacun pour soi », a-t-il dit dans les couloirs du
congrs.

Il prcise qu’il contactera les secrtaires gnraux des
autres centrales ds la semaine prochaine « qu’ils soient
moustachus ou pas » pour « voir les points de convergence » et
« regarder un moment donn une logique d’unit d’action ».

Il envisage des ptitions, des actions juridiques, des
discussions avec les parlementaires, et des grves si
ncessaire.

« Est-ce qu’ un moment donn, les diffrents conflits (…)
sectoriels ou catgoriels se regroupent ou s’assemblent parce
qu’ils se rendent compte que, finalement, il y a des points
communs? (…) je pense que c’est le cas aujourd’hui », avait-il
dclar l’Association des journalistes de l’information
sociale, une semaine avant le congrs.

LES MILITANTS EN ATTENTE

Il cite en exemple « la non-rpartition de la richesse
produite », « la baisse du pouvoir d’achat » ou encore
« l’individualisation des droits ».

« Ce n’est pas forcement ce que peroivent tous les salaris
– public, priv, cheminots etc. – qui sont aujourd’hui dans
l’action », a-t-il ajout. « Mais de plus en plus commencent
mesurer cette dimension interprofessionnelle et globale du fait
qu’il y a une vision en face qui concourt leurs difficults ».

Les militants attendaient « une prise de position claire » du
nouveau secrtaire gnral et de son quipe.

« A un moment donn, il va falloir une mobilisation d’ampleur
pour que le gouvernement arrte d’attaquer nos droits », a
dclar vendredi Colette Laplanche, 63 ans, membre de la
Fdration nationale de l’action sociale (FNAS-FO).

Pour d’autres, il doit rtablir la cohsion dans la
centrale. « C’est difficile de dire que ce vote reflte l’unit
de FO », a dclar Alain Gautron, secrtaire gnral du syndicat
national des cadres et organismes sociaux.

Ce dernier ne pense toutefois pas que les dissensions
pousseront certains quitter FO pour rejoindre d’autres
syndicats, comme l’avait craint Jean-Claude Mailly, jeudi.
« Quand on connat une crise, il faut aussi prendre de la hauteur
et laisser le secrtaire gnral imprimer sa marque ».

« Pascal a toujours dit qu’il dfendait les fondamentaux de
FO: la ngociation et l’action lorsque c’est ncessaire », a-t-il
ajout.
(Edit par Yves Clarisse)

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