Enquête sur l’aristocratie du CAC 40

Inaugurée par Airbus le 11 avril dernier, la saison des assemblées générales des entreprises du CAC 40 se clôturera à la mi-juin avec celles de Carrefour et de Renault. Moments rituels durant lesquels les actionnaires petits et gros des principaux grands groupes cotés de l’Hexagone se réunissent pour approuver les comptes de l’exercice passé, ces assemblées générales sont également l’occasion de valider la rémunération des dirigeants et de renouveler une partie des conseils d’administration (CA). Objets de critiques récurrentes depuis des années pour l’entre-soi qui y règne, ces organes de contrôle ont vu les règles de leur composition changer au fil des ans, qu’il s’agisse de limiter le cumul des mandats ou bien d’y faire entrer plus de femmes ou d’administrateurs salariés. Mais comme le montre le travail réalisé par Alternatives Economiques sur cette élite économique, derrière ces changements de façade, la réalité du pouvoir reste souvent concentrée entre les mêmes mains.

Moins de 1 000 personnes

Ils sont une petite quinzaine à siéger au conseil d’administration ou au conseil de surveillance de chaque entreprise (suivant sa forme juridique), et une douzaine au sein de chaque comité de direction, le premier étant chargé de contrôler le second, responsable quant à lui de la gestion opérationnelle. Soit moins de 1 000 personnes au total à l’échelle des 40 plus grandes entreprises en matière de capitalisation boursière qui composent l’indice phare de la Bourse de Paris, le CAC 40. Sur cette population, 74 personnes siègent au conseil d’administration d’au moins une autre entreprise du CAC 40, tissant ainsi des liens entre les géants tricolores. LVMH, Carrefour, Orange, Saint-Gobain ou encore Veolia ont ainsi plus de cinq membres de leur conseil d’administration ou de leur comité directeur en commun avec d’autres sociétés du CAC 40. Mais l’intensité des liens est très variable d’une entreprise à l’autre.

Parmi les groupes possédant le plus de connexions avec leurs homologues figurent surtout des entreprises entretenant une relation privilégiée avec les pouvoirs publics. Que l’Etat soit présent à leur capital (Orange, Safran ou Engie), ou bien que leur activité dépende fortement de lui, par le biais de la commande publique (Veolia, Saint-Gobain ou Bouygues) ou de la régulation qu’il exerce sur leur secteur (BNP Paribas). C’est sans doute la raison pour laquelle ces entreprises sont plus souvent dirigées par d’anciens hauts fonctionnaires ou d’anciens membres de cabinets ministériels… Font exception dans ce tableau des groupes comme L’Oréal ou LVMH, dont les nombreuses connexions sont en partie liées à des participations au capital d’autres entreprises du CAC.


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Gouvernance : à quoi servent les conseils d’administration ?