AG 2018 : Crédit Agricole maintient le cap sur les fossiles

Les Amis de la Terre présents ce matin à l’Assemblée générale de Crédit Agricole ont appelé la banque à mettre un terme définitif à ses soutiens aux industries du charbon, des sables bitumineux et du gaz de schiste. Car bien que la banque ait adopté en 2015 puis en décembre 2017 des engagements sur ces énergies fossiles, parmi les plus dangereuses pour le climat, Crédit Agricole continue à financer les entreprises qui portent de nouveaux projets de centrales à charbon et d’oléoducs de sables bitumineux. Elle finance également directement et indirectement les projets de terminaux de gaz de schiste liquéfié.

Pour Lorette Philippot des Amis de la Terre, le bilan est décevant : “Les projets soutenus par Crédit Agricole et que nous pointons du doigt menacent le climat, les droits de peuples autochtones, la santé de communautés, la survie d’espèces. Mais lorsque nous demandons à la direction de la banque de revoir ses engagements pour que ses pratiques soient enfin mises en cohérence avec son discours pro-transition, celle-ci campe sur ses positions et défend ses politiques existantes, dont les lacunes sont pourtant criantes”.

Après la COP21 et la publication de sa politique charbon, Crédit Agricole a ainsi financé les entreprises les plus agressives dans la construction de nouvelles centrales à charbon à hauteur de plus de 1,8 milliard de dollars, et a même augmenté ces soutiens de 86% entre 2015 et 2016 [1]. Dans le secteur des sables bitumineux, Crédit Agricole continue à appuyer les trois entreprises qui prévoient la construction de nouveaux oléoducs au départ de l’Alberta [2]. Crédit Agricole contribue aussi au développement du gaz de schiste, notamment via le financement de projets de terminaux d’exportation de gaz liquéfié (GNL) en Amérique du Nord, et pour 1 milliard de dollars entre 2015 et 2017 [3].

“Crédit Agricole persiste à nier que sa responsabilité est engagée lorsqu’elle soutient des entreprises qui basent leurs bénéfices actuels et futurs sur le développement de nouvelles infrastructures fossiles totalement incompatibles avec les objectifs de l’Accord de Paris. M. Brassac fait l’apologie d’une position soi-disant “raisonnable” de sa banque, en opposition à la “radicalité” de nos demandes. Celles-ci ont pourtant été entendues l’année dernière par BNP Paribas et AXA, respectivement première banque et premier assureur français – dans les secteurs des sables bitumineux et des gaz et pétrole de schiste pour BNP Paribas, dans les secteurs du charbon et des sables bitumineux pour AXA. Puisque de telles entreprises font courir des risques énormes pour le climat, l’environnement et les populations, elles ne devraient recevoir aucun soutien”, conclut Lucie Pinson des Amis de la Terre.

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