Encore des baisses de taux en mai… Mais la quasi-disparition des prêts transférables

En mai, une quinzaine de banques ont encore baissé leurs taux de crédit de 0,10 % à 0,20 %. Les banques restent donc en forte conquête de clientèle, quitte à réduire légèrement leurs marges sur les crédits qu’elles accordent, mais en restant quand même attentives à leur rentabilité. Ainsi, de nouvelles banques, nationale et régionale, viennent d’annoncer la suppression de la possibilité de transférer leurs prêts immobiliers… Compte-tenu du niveau actuel des taux et d’une éventuelle remontée à moyen ou long terme, cette option qui n’est plus aujourd’hui proposée que par une poignée de banques, peut être très avantageuse pour les emprunteurs mais devenir coûteuse pour les banques, faisant peser un vrai risque sur la rentabilité futures des prêts qu’elles accordent…

De nouvelles baisses de taux en mai, jusqu’à 0,20 %

En mai, la plupart des barèmes de taux reçus affichent des baisses de taux de 0,10 % en moyenne, mais allant jusqu’à 0,20 % pour certains. Un très faible nombre de banques a toutefois remonté ses taux, mais de 0,05 % seulement. Les taux de crédit retrouvent ainsi des niveaux proches des plus bas historiques ! Les taux moyens sont actuellement à 1,35 % sur 15 ans, 1,55 % sur 20 ans et 1,75 % sur 25 ans mais avec des taux planchers négociés à 0,80 % sur 15 ans, 1,12 % sur 20 ans et 1,35 % sur 25 ans pour les meilleurs profils. « Globalement, il y a juste actuellement un écart de 0,15 % avec les taux les plus bas décrochés à l’automne 2016, ce qui témoigne de la volonté des banques de capter de nouveaux clients et de soutenir le relatif dynamisme du marché, même si le niveau de demandes reste encore bien en déça du 1er semestre 2017, et ce, en dépit du regain de demandes de renégociations de prêt constaté depuis la fin mars… » analyse Sandrine Allonier, porte-parole du réseau de courtage Vousfinancer.

La transférabilité des prêts : une option de plus en plus rare…

Dans ce contexte de taux particulièrement attractifs, deux banques, nationale et régionale, ont annoncé récemment la suppression de la transférabilité de leurs prêts immobiliers. Cette option qui permet de conserver son prêt obtenu à des conditions attractives pour une future acquisition avec l’avantage de garder le taux de son crédit est désormais uniquement disponible dans une petite poignée de banques en ligne, banques régionales ou établissements spécialisés, mais pour combien de temps encore ? Compte tenu du niveau actuel des taux et d’une éventuelle remontée des conditions de refinancement des banques à moyen ou long terme, cette option, avantageuse pour les emprunteurs, peut devenir coûteuse pour les banques, avec des marges qui pourraient devenir négatives sur ce type de crédit, faisant peser un vrai risque sur leur rentabilité.

« Avec une éventuelle remontée des taux des marchés financiers à moyen ou long terme, il est difficilement tenable pour une banque de s’engager à maintenir un taux de crédit très avantageux sur une future acquisition qui interviendra dans 7 à 10 ans… Les banques proposent actuellement des taux qu’elles maintiennent volontairement à un niveau bas pour relancer la dynamique du marché, mais si les taux de refinancement et taux d’emprunt d’Etat remontent, elles devront inévitablement répercuter ces hausses – au moins partiellement -, sur leurs taux de crédit afin de conserver leurs marges… Voilà pourquoi l’ère de la transférabilité des prêts est une ère quasi-révolue » analyse Sandrine Allonier.


Pour les emprunteurs pour lesquels l’option de transférabilité est déjà inscrite dans l’offre de prêt qu’ils ont souscrit ces derniers mois ou années, cette clause pourra toute de même s’appliquer, sous certaines conditions, qui peuvent varier d’un établissement à l’autre.

  • La vente et l’acquisition du nouveau bien doivent se faire dans un délai précisé par la banque (souvent inférieur à 6 mois mais en cas de relais, cela peut aller jusqu’à 1 an).
  • L’achat doit être pour le même usage que le bien vendu (vente de la résidence principale et rachat de la résidence principale)
  • La valeur du nouveau bien doit être supérieure au capital restant dû à transférer
  • Il ne doit pas y avoir eu d’incidents de paiement sur le prêt
  • L’organisme de caution, le cas échéant, doit accepter le transfert.

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