Voiture autonome : la France annonce sa stratégie pour rester dans la course

(Article publié le 14 mai à 16h41, mis à jour à 18h avec un graphique de notre partenaire Statista)

Le président de la République Emmanuel Macron avait annoncé en mars un cadre législatif pour 2019 afin placer le pays « à la pointe de l’expérimentation et de l’industrialisation » des véhicules autonomes, cadre qui permettrait notamment aux constructeurs tricolores de mener des campagnes d’expérimentation afin defaire progresser la mise au point de tels véhicules. Ce lundi le gouvernement dévoile sa stratégie d’aide à la filière automobile nationale afin de préparer le pays à cette révolution que constituera l’arrivée de ces voitures autonomes sur les routes au début des années 2020.

En effet, cet après-midi, Anne-Marie Idrac, Haute responsable pour la stratégie nationale du développement des véhicules autonomes, doit présenter des « orientations stratégiques pour l’action publique ». Elle sera accompagnée pour l’occasion du ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, de sa collègue des Transports, Elisabeth Borne, et du secrétaire d’Etat chargé du numérique, Mounir Mahjoubi.

Certes, la voiture 100% autonome en toutes conditions (de revêtement routier, de conditions de trafic, de météo…) n’est certes pas pour demain, mais les constructeurs commencent à mettre sur le marché des aides à la conduite déjà suffisamment évoluées pour que l’ordinateur de bord prenne en partie les commandes dans certaines circonstances, par exemple pour garder ses distances ou doubler sur une autoroute.

PSA prévoit une commercialisation dès 2021

« C’est une très bonne nouvelle que le gouvernement participe activement à développer ces solutions », se réjouit-on chez PSA.

Le deuxième constructeur européen (PSA compte les marques Peugeot, Citroën, DS, Opel et Vauxhall) a commencé ses tests en juillet 2015 et compte aujourd’hui une vingtaine de démonstrateurs de véhicules autonomes. Après plus de 150.000 kilomètres parcourus sur les routes d’Europe, il prévoit de commercialiser autour de 2021-2023 ses premiers modèles permettant au conducteur de quitter la route des yeux.

Renault se prépare pour les deux marchés du pilotage automatique

Les progrès technologiques permettront d’ici deux à trois ans des systèmes semi-autonomes encore plus avancés, autorisant le conducteur à ne plus regarder la route, toujours dans des situations bien définies.

Parallèlement aux voitures individuelles, des navettes électriques entièrement autonomes, exploitées par des entreprises sur des zones bien délimitées, feront leur apparition, annonçant une révolution pour la mobilité urbaine.

Renault se prépare pour ces deux marchés. Le constructeur au losange prévoit la commercialisation de 15 voitures semi-autonomes d’ici 2022. Il a également présenté au salon de Genève son concept EZ-GO de navette électrique, autonome et partagée, dont il promet une version commerciale pour cette même date.

Équipementiers et startups à fond dans la course mondiale

D’autres acteurs français, des start-up, comme Navya, ou des équipementiers, comme Valeo ou Faurecia, sont également fortement impliqués dans ces innovations.

Mais la course est mondiale et la complexité des chantiers poussera à des coopérations européennes face à la Chine et aux Etats-Unis. Pour les experts, ces deux pays sont en effet les mieux placés, grâce à leur immense marché et leurs nombreuses sociétés innovantes: Google, Apple, Tesla ou Uber côté américain, face à Baidu (intelligence artificielle), Huawei (télécoms), Didi (services de VTC), Tencent (internet) ou encore Lynk & Co (constructeur automobile) côté chinois.

Responsabilité juridique, sécurité des personnes, des données…

L’Etat français aura un rôle à jouer pour aider la filière automobile nationale à se maintenir dans le peloton de tête face à une concurrence redoutable: adaptation des normes et législations, aide au financement de l’innovation, coopérations internationales…

Les problèmes qui se posent sont en effet nombreux. Comment sera déterminée la responsabilité en cas d’accident de voiture autonome, alors que le droit actuel repose sur le principe du conducteur maître de son véhicule en toute circonstance? Comment garantir la sécurité des données et éviter le piratage de véhicules ? Comment doit évoluer le code de la route ?

Le travail de Mme Idrac présenté lundi, fruit de consultations avec les administrations et les acteurs de la filière automobile, doit permettre d’avancer sur ces nombreux chantiers.

Voiture autonome

(En France, la moitié des personnes interrogées (52%) se disent plutôt mitigées face aux voitures autonomes, mais « trouvent l’idée intéressante ». En Inde et en Chine par contre, ce bijou de technologie semble déjà adopté. Un graphique de notre partenaire Statista. Cliquer pour agrandir l’infographie).

(Avec AFP)

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