Oise : Beauvais va accueillir un centre mondial des tests de machines agricoles

Résister à l’humidité omniprésente du Brésil, aux longs champs de 14 km de la plaine de l’Ukraine ou à la chaleur caniculaire de l’Afrique. Autant d’épreuves que les tracteurs, moissonneuses-batteuses ou autres balleuses du monde pourront désormais défier pour la première fois en un même lieu. Ce sera à Beauvais, à partir de septembre 2019. Un projet financé à hauteur de 21 M€ par le Cetim, centre privé qui l’exploitera, l’Europe et la région.

Lundi, les élus ont planté le premier arbre de ce premier centre international d’innovation et d’expertise pour l’agro-machinisme de demain, baptisé Pima@tec. Les travaux de ce bâtiment de 2 500 m², positionné sur un terrain de 10 000 m² proche d’UniLaSalle, commenceront cet été. Avec le bâtiment Agrilab d’UniLaSalle (école d’ingénieurs en sciences de la vie, de la terre et de l’environnement), ils seront les symboles du futur temple de l’innovation agricole en France.

Des bancs d’essais comme des manèges

« C’est un bâtiment aux caractéristiques de construction très techniques, afin de pouvoir reproduire des tests éprouvants, présente Jean-Christophe Augé, directeur opérationnel du Cetim (Centre technique des industries mécaniques) et futur maître des lieux. On garde un espace de 500 m² pour installer de nouveaux bancs d’essai qui verront le jour dans les années à venir. »

Le choix du terrain n’a pas été fait par hasard, car tout proche des usines de production de Massey Ferguson (AGCO), d’Isagri ou encore de Claas. « Lorsque Massey faisait un test au Brésil et qu’une pièce cassait, cela coûtait très cher et c’était très long pour la réparer. Là, l’usine est à côté », précise le représentant du Cetim.

Dix nouveaux postes vont être créés pour lancer ce centre, où un banc d’essai installé aujourd’hui chez Massey Ferguson (AGCO) va être transféré. Une entreprise qui, grâce à cet espace libéré, va de son côté embaucher 100 personnes. Ainsi, Thierry Lhotte, directeur général de Massey, qui emploie 2 500 personnes, se réjouit : « Avec Pima@tec, nous allons récupérer de nombreux projets du groupe qui se faisaient ailleurs dans le monde. » Et avec la proximité d’UniLaSalle, on peut rêver voir des étudiants tester les tracteurs dans les champs à côté…

Green valley, le temple de l’innovation agricole à Beauvais

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Beauvais. Bernard De Franssu, copilote de l’Agrilab, voit les premiers intéressés amener leurs projets alors que l’ouverture est prévue pour septembre. LP/E.J.

« Il y avait l’aviation à Toulouse (Haute-Garonne), l’innovation à Paris-Saclay (Essonne), il y aura Beauvais en agriculture. » C’est avec cette comparaison ambitieuse que Caroline Cayeux, présidente (LR) de la communauté d’agglomération du Beauvaisis, a lancé, ce lundi, l’inauguration du pôle d’innovation agricole et numérique.

C’est au cœur du futur temple de l’innovation, l’Agrilab d’UniLaSalle, où se côtoient agriculteurs, ingénieurs et élèves, que devraient être relevés les défis de demain, comme nourrir 9 milliards de terriens d’ici à 2050 tout en respectant la planète. « Une green valley », comme l’appelle l’élue, qu’approchent déjà les porteurs de projets. « L’un veut travailler sur l’usage des produits phytosanitaires pour en utiliser le moins possible, un autre pense à réduire la présence d’eau dans le lait pour rentabiliser le transport », confie Bernard de Franssu, agriculteur et chercheur copilote d’Agrilab.

Lorsqu’un ingénieur aura une idée qui n’intéresse pas son groupe comme AGCO ou Isagri, il pourra la faire mûrir ici. Avec 5 000 emplois dans le secteur à Beauvais, les entreprises ne veulent plus travailler côte à côte sans s’entraider. Avec des outils scientifiques de haut niveau, les agriculteurs et chercheurs du monde entier vont pouvoir inventer les techniques et produits de demain.

Seul problème : le recrutement des cerveaux. Avec la concurrence de Paris, pas facile d’attirer ces gros bonnets. Jean-Marie Savalle, président d’Isagri, 1 600 salariés dans le développement de logiciels agricoles à Tillé, regrette d’avoir « toujours 50 postes de développeurs vacants… » Il entrevoit 1 000 embauches d’ici à cinq ans.

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