Taux d’emprunt immobilier: jusqu’ici tout va bien

Les taux des crédits immobiliers restent extrêmement attractifs, mais la durée des prêts s’accroît et les frais de dossier flambent.

Ce jeune couple de Lunéville, en Meurthe-et-Moselle, n’en revient pas. Pour acheter la maison de ses rêves, la banque a accepté de lui prêter 185000 euros sur quinze ans à un taux de… 0,95%! Des conditions imbattables. Combien de temps l’argent va-t-il rester aussi peu cher? C’est la question qui hante tous les acquéreurs potentiels. 

Cela fait bientôt six mois que certains professionnels de l’immobilier agitent le chiffon rouge, affirmant que le marché de la pierre a mangé son pain blanc en matière de taux d’intérêt. En réalité, c’est le calme plat. Malgré une légère tension sur les rendements des obligations d’Etat -la référence pour les taux des crédits immobiliers-, les banques n’ont pas durci leurs conditions d’emprunt.  

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En moyenne, on peut obtenir aujourd’hui un prêt pour acheter sa résidence principale à un taux de 1,65% à vingt ans; 1,85% à vingt-cinq ans. « La situation reste exceptionnelle, avec des décotes incroyables pour les excellents dossiers », relève Maël Bernier, directrice de la communication de Meilleurtaux.com. 

À court terme, pas de risque de remontée des taux

L’avenir? Tous les regards se tournent vers les banques centrales. Alors que la Réserve fédérale américaine est engagée dans une politique de remontée de ses taux d’intérêt, la Banque centrale européenne est nettement plus prudente.  

« Malgré la reprise, l’inflation demeure dramatiquement basse, ce qui complique sérieusement la tâche de la BCE et plaide en faveur d’une normalisation extrêmement progressive de la politique monétaire », décortique Christopher Dembik, le chef économiste de Saxo Bank. En clair, pas de risque de remontée du loyer de l’argent à court terme. 

Source: Meilleurstaux.com

Source: Meilleurstaux.com

L’Express

Et c’est tant mieux. Car avec la hausse des prix de l’immobilier, certains acheteurs ne peuvent plus suivre malgré ces conditions d’emprunt exceptionnelles. « La demande de nouveaux crédits a chuté de près de 30% sur les trois premiers mois de l’année par rapport à la même période de l’an passé », s’inquiète Philippe Taboret, directeur général du courtier Cafpi. Et ce malgré le rallongement de la durée d’emprunt.  

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Si l’on en croit une récente enquête de l’Observatoire crédit logement/CSA, la part des prêts d’une durée comprise entre vingt-cinq et trente ans, sur l’ensemble des crédits accordés, a doublé entre 2014 et février 2018, passant de 14,4 à 30,1%.  

Tout faire pour attirer de nouveaux clients et conserver les primo-accédants: tel est le credo des banques dont les marges restent extrêmement serrées. « Pour se refaire une santé, elles ont toutes alourdi les frais de dossiers », avertit Philipe Taboret. Attention, donc, aux petites lignes écrites en pattes de mouche en bas des offres de prêts. 

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