Candidatures multiples à la reprise du groupe hôtelier Maranatha

Le règlement de l’épineux dossier Maranatha, le cinquième groupement hôtelier français placé en  redressement judiciaire depuis l’automne dernier par le tribunal de commerce de Marseille, est entré dans une nouvelle phase ce lundi avec le dépôt – jusqu’à minuit – des offres des candidats à la reprise du parc concerné, soit 52 hôtels de catégories moyen ou de haut de gamme.

Un dossier d’autant plus complexe que les actifs sont portés par une centaine de sociétés représentant quelque 6.000 investisseurs. A ce titre, la justice commerciale a élaboré un cahier des charges privilégiant une reprise globale.

Continuation

Pour autant, une vingtaine d’offres en plan de continuation séparées ou globales ont été formulées dont une petite dizaine portant sur l’ensemble du groupe. Dans ce cadre-là, sont sur les rangs les tandems réunissant AccorHotels et Colony NorthStar, le groupe de Gilles Douillard – un professionnel de l’hôtellerie-restauration – et Tikehau Capital, le britannique Attestor Capital et le groupe chinois de gestion hôtelière Loxy, tandis que la société d’investissement Davidson Kempner s’appuierait sur deux partenaires Naos Hôtel – autre acteur sectoriel – et Higate, selon les pôles concernés de Maranatha.

En parallèle, Honotel, un autre spécialiste de l’hôtellerie, ferait cause commune avec Amundi et la Caisse des Dépôts. Au vu de ces divers profils, l’offre globale du petit groupe familial  Paris Inn , solidement implanté dans la « Ville-Lumière », détonne, sauf qu’elle est, indique-t-on de bonnes sources, appuyée par des partenaires financiers solides. Par ailleurs, 123 Investment, qui a investi 25 millions d’euros dans 11 hôtels, est également sur les rangs.

Actif clef

En parallèle, des offres séparées sont donc avancées, certaines d’entre elles pour la reprise de ce que d’aucuns appellent désormais « le pôle historique » de Maranatha, soit 31 établissements dans lesquels ont investi une myriade d’investisseurs, soit à propos d’un portefeuille de six établissements de prestige, Les Hôtels du Roy. S’agissant de ces derniers est notamment sur les rangs Appolo, un mastodonte américain du capital-investissement.

De fait, Les Hôtels du Roy constitue d’autant plus un actif clef dans le dossier Maranatha que sa résolution passe par un accord avec la société d’investissement britannique Cale Street laquelle porte une dette d’acquisition de ce portefeuille pour un montant de l’ordre de 280 millions d’euros.

Un comité des représentants des actionnaires, visant à défendre la myriade d’investisseurs par ailleurs concernés, aura également un rôle crucial à jouer, sachant qu’une solution globale paraît privilégiée.

Rendez-vous en juillet

Selon un calendrier indicatif, les offres seront analysées voire travaillées dans les semaines à venir, une proposition de solution pouvant émerger à la fin mai voire en juin.

Les investisseurs, réunis en assemblées générales, se prononceront après coup, la tenue d’assemblées générales étant évoquées pour juillet. Un rendez-vous déterminant. Le tribunal de commerce de Marseille tiendra compte de leur résultat respectif.

Paul Molga à Marseille, et Christophe Palierse

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