Bourse : Blackrock plutôt optimiste pour les marchés d’actions

Les grands groupes cotés, et pas seulement aux États-Unis, sortent des résultats en forte progression pour le premier trimestre. Bizarrement, les investisseurs sur les grands marchés boursiers, y semblent indifférents. Que craignent-ils ? Les économistes de Blackrock jugent ce scepticisme hors de propos.

Premier gérant d’actifs au monde, l’américain Blackrock ne comprend pas pourquoi les comptes trimestriels des grands groupes internationaux, en particulier ceux cotés à Wall Street, pourtant affichés en nette hausse, ne sont pas davantage salués par le marché.

En moyenne, les grandes capitalisations du marché boursier américain (indice S&P 500) ont fait progresser de 23% leurs résultats du premier trimestre, en partie grâce à la baisse de l’impôt sur les sociétés décidée par l’administration Trump. Et les ténors de la technologie (Apple, Google, Microsoft, etc.), eux, ont publié des résultats encore plus brillants, en hausse moyenne de 40%.

Pourtant, comme le souligne Richard Turnill, stratège pour les marchés mondiaux de Blackrock, «les investisseurs ont accueilli avec peu d’enthousiasme des résultats nettement supérieurs aux attentes d’un grand nombre d’entreprises cotées des pays développés», donc pas seulement américaines.

Cette relative apathie boursière contraste avec ce qui s’était passé les trimestres précédents : «L’évolution du marché reflétait alors les révisions à la hausse des bénéfices.»

Certes, les résultats des entreprises européennes et japonaises ont été «un peu plus mitigés, mais dans l’ensemble les réactions sur les cours dans les trois régions ont été décevantes».

Il ne faut pas chercher très loin la principale raison de cette prudence des investisseurs : «Le fait que les résultats soient proches de leur point culminant suscite des inquiétudes».

Privilégier les valeurs de technologies

Richard Turnill admet que la croissance des résultats des entreprises, en particulier américaines, aura du mal à être aussi vive. D’autant que la sortie des États-Unis de l’accord nucléaire avec l’Iran et la crainte d’un resserrement trop vif de la politique monétaire donnent de bonnes raisons aux investisseurs pour lever le pied.

Néanmoins, le stratège de Blackrock n’est pas loin de juger excessives ces craintes. Car les entreprises vont maintenir un «contrôle rigoureux des dépenses, afin de protéger les marges contre la hausse des coûts».

Richard Turnill se déclare même assez optimiste, car les entreprises, américaines en particulier, «disposent de liquidités abondantes du fait de leurs solides bénéfices et des baisses d’impôts et ces liquidités devraient stimuler les dépenses des entreprises sous forme de rachats d’actions, d’opérations de fusions-acquisitions et d’investissement».

Reste que les perspectives de croissance des ventes lui semblent meilleures aux États-Unis que dans les autres pays développés. Le stratège fait donc preuve d’un optimisme mesuré : «Nous anticipons une hausse des bénéfices des entreprises capables d’enregistrer une croissance de leurs ventes et de maîtriser leurs dépenses, puisque les coûts de production augmentent à mesure que le cycle économique gagne en maturité.

Le stratège estime à cet égard que les cours des actions «ne semblent pas totalement refléter ces perspectives, car compte tenu de la bonne santé des entreprises dans l’ensemble des régions, notre scénario central prévoit que le cycle est susceptible de perdurer».

Et, sur le marché américain, explique Richard Turnill sans surprendre, «nous préférons les secteurs offrant des marges élevées et des flux de trésorerie abondants, comme les technologies, aux valeurs défensives à faible croissance.»

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