A suivre aujourd’hui… CREDIT AGRICOLE S.A.

(AOF) – Crédit Agricole S.A. a dévoilé un bénéfice net part du groupe sous-jacent de 788 millions d’euros au titre du premier trimestre. Il a reculé de 12,1%. Cette baisse est liée à la cession en 2017 d’entités non stratégiques mais fortement contributrices au résultat net (Eurazeo notamment), mais aussi aux effets de changes et à la hausse de la contribution au Fonds de résolution unique (FRU). A périmètre et change constants, le résultat net part du groupe de CASA a augmenté de 4,8% par rapport au premier trimestre 2017. Hors contribution au FRU, cette hausse passe à +8,7%.

En données publiées, le bénéfice net part du groupe de Crédit Agricole S.A. a augmenté de 1,2% à 856 millions. Le consensus Informations entreprises le donnait à 878 millions.

Le résultat brut d’exploitation de Crédit Agricole S.A., pour sa part, a baissé de 3,1% au premier trimestre, à 1,508 milliard d’euros. La baisse du coût du risque (-12,6%) a été compensée par la hausse de la contribution au FRU mais aussi par les difficultés de la BFI (banque de financement et d’investissement) qui pâtit de « la conjoncture de marché ».

Enfin, le produit net bancaire (chiffre d’affaires) sous-jacent trimestriel de Crédit Agricole S.A. a augmenté de 2,5% à 4,9 milliards d’euros. A périmètre et changes constants, il a baissé de 0,7%.

A fin mars 2018, la solvabilité de Crédit Agricole S.A. reste solide, avec un ratio Common Equity Tier 1 (CET1) non phasé de 11,4%, stable par rapport au 31 décembre 2017.

AOF – EN SAVOIR PLUS

Les points forts de la valeur

– Fortes positions en France et en Europe. Premier banquier de détail et premier assureur en France, par les dépôts des ménages (25 % du marché) et premier en Europe, par les revenus bancaires, sous les marques Crédit Agricole, BforBank et LCL ex-Crédit Lyonnais. Numéro 1 de la gestion collective en Europe sous la marque Amundi ;

– Organisation en 5 pôles : les réseaux, la gestion d’actifs, les assurances, les services financiers spécialisés (leasing, factoring…) et la banque de financement ;

– Stratégie concentrée sur la croissance organique, toute croissance externe étant exclue à court terme ;

– Confirmation depuis trois ans de la capacité à générer une forte rentabilité et bonne visibilité des profits ;

– Simplification de la structure capitalistique renforçant la solidité financière –ratio de « Common Equity Tier One » de 11,9 %- et impactant positivement –de 1 Md€- le résultat net 2017 ;

– Retour au versement du dividende en numéraire en 2017 avec engagement de le maintenir à 0,60 €, soit un taux de distribution de 50 %.

Les points faibles de la valeur

– Défiance des investisseurs à l’égard des banques européennes, régulation européenne consommatrice en fonds propres et faible niveau des taux d’intérêt ;

– Montée de la concurrence des banques en ligne et, bientôt, de celle des géants de l’Internet et des télécoms ;

– Rentabilité insuffisante de LCL et montée du coût du risque en banque de financement ;

– Pressions sur les marges dans les réseaux, dévaluations des devises égyptienne et ukrainienne et stabilisation des revenus dans les services financiers spécialisés ;

– Vers une stabilité des revenus en 2017 ;

– Faible valorisation des actifs autres que ceux des banques régionales -75,5 % d’Amundi, Predica/Pacifica, Sofinco…

Comment suivre la valeur

– La valorisation des banques dépend de 7 points : positions de liquidités, capacité à satisfaire au ratio de solvabilité dit « Bâle 3 » égal à 9,5 % des fonds propres, contrôle des engagements en banque d’investissement, centralisation des compensations de dérivés, coût du risque, lui-même lié à l’environnement économique, rendement des fonds propres ou ROE et, enfin, décisions des Banques centrales -Fed américaine et BCE européenne ;

– 4 priorités du plan « Ambition stratégique 2020 » : simplification de la structure du groupe (réalisée août 2016), relation client fondée sur le digital, croissance des métiers cœurs (assurance, gestion, banque d’investissement) et amélioration de l’efficacité industrielle ;

– Objectifs 2019 :

– croissance des revenus supérieure à 2,5 % par an, en provenance surtout de l’assurance et de la gestion d’actifs,

– réduction des coûts de l’ordre de 900 M€ et investissements de l’ordre de 7,7 Mds€,

– rentabilité supérieure à 10 % avec des bénéfices supérieurs à 4,2 Mds€ ;

– Opérations de croissance externe attendues en Italie et en Asie ;

– Capital contrôlé à hauteur de 56,46 % par la SAS Rue la Boétie regroupant les caisses régionales.

Finance – Banques

Des risques demeurent dans les comptes des banques européennes, d’après une étude de l’Autorité bancaire européenne (EBA) sur le dernier trimestre 2016 et portant sur quatorze paramètres. Cela pourrait affecter la solvabilité des banques européennes, dont le niveau de fonds propres demeure plutôt élevé. Le problème le plus important à résoudre est celui des  » NPL  » ( » non performing loans  » ou créances douteuses), qui représentent les prêts en souffrance de remboursement depuis au moins 90 jours. De plus, la rentabilité des groupes bancaires reste relativement faible, avec une rentabilité des fonds propres (RoE) qui a atteint un point bas au dernier trimestre 2016 (3,3% en moyenne), avec de grandes disparités selon les établissements (d’une rentabilité négative de 11% à un RoE de 17%).

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