Nice: l’enquête sur le financement de la nouvelle mosquée classée sans suite

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Nice: l’enquête sur le financement de la nouvelle mosquée classée sans suite
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AFP/Archives
/ VALERY HACHE

L’enquête sur le financement de la nouvelle mosquée En-Nour de Nice, demandée par la mairie, a été classée sans suite après un an d’investigation qui a conclu qu’aucune infraction n’avait été constatée en France, a annoncé vendredi le parquet.

« Au final, pour moi, à part quatre entreprises sur lesquelles il faut faire deux ou trois vérifications et voir si ça s’inscrit dans le cadre de dons déductibles ou du sponsoring, il n’y a aucune infraction », a déclaré lors d’un point presse le procureur de la République, Jean-Michel Prêtre. « J’ai classé le dossier sans suite hier (jeudi) », a-t-il ajouté.

Le maire de Nice, Christian Estrosi, qui souhaite exproprier la mosquée, avait effectué un signalement au parquet début 2017 pour réclamer une enquête sur les entreprises intervenues, pour certaines gratuitement, dans la construction du lieu de prière, suspectant un « potentiel blanchiment de capitaux », « des infractions fiscales » et un « délit d’abus de biens sociaux ».

Pendant un an, la division financière de la police judiciaire de Nice a épluché chaque facture, saisi de nombreux documents bancaires et statutaires, tandis que Tracfin, l’organisme de lutte contre le blanchiment, menait des investigations.

Au final, il ressort que le terrain (acheté par un Saoudien devenu ministre du Culte dans son pays) comme le loyer des locaux (4.700 euros par mois) et l’aménagement en salle de prière (estimé à 760.000 euros), presque tout a été offert à l’association, ce qui n’est pas interdit.

Pas plus de 50.000 euros de travaux ont donné lieu à une facturation commerciale classique.

Le gros-oeuvre a été réalisé en 2013-14 pour environ 530.000 euros par une société monégasque, Eurorenovation, liquidée en 2016, qui a été payée « par de l’argent qui n’a jamais transité par la France ni n’est passé par l’association », a précisé M. Prêtre.

Pour le reste, des travaux ont été réalisés « à titre bénévole par de nombreuses personnes, particuliers ou artisans, ayant souhaité donné leur temps ou fournir des matériaux pour servir leur religion », précise le parquet. « Il y en a beaucoup qui n’ont pas souhaité apparaître simplement parce que c’était un don ou parce qu’ils redoutaient d’être blacklistés sur les marchés publics ».

Quatre dirigeants d’entreprise sont susceptibles de tomber sous le coup de la loi, notamment un architecte qui n’a pas facturé son travail ou une entreprise qui a donné des chaises et des tables pour 3.800 euros alors que ce n’est pas son objet social. « Cela peut être de l’abus de bien social mais ce n’est pas certain », a indiqué M. Prêtre qui a transmis les dossiers à l’instruction.

18/05/2018 14:33:42 – 
        Nice (AFP) – 
        © 2018 AFP

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