Même pas encore votée, la loi Pacte est déjà en train de transformer les entreprises de l’intérieur

En quelques semaines, les débats sur la loi Pacte, qui vise à transformer le but de l’entreprise, a fait massivement évoluer la position des cadres français. Ceux-ci sont de plus en plus enclins à voir la RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) comme un enjeu stratégique. C’est ce que révèle une étude Viavoice pour HEC Paris, SnO et France info.

Le débat sur le but de l’entreprise, dans le cadre du projet de loi Pacte (Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises), serait-il déjà en train de faire évoluer les mentalités ? C’est l’analyse que fait HEC Paris dans une étude sur la vision des cadres français en matière de RSE (baromètre entreprise et société). La loi ne sera pourtant présentée en Conseil des ministres que d’ici la deuxième quinzaine de juin. 

La perception de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) a profondément évolué en quelques semaines, notent ainsi les commanditaires du baromètre. Ils se basent sur la dernière édition de janvier 2018. « Depuis le rapport de Nicole Notat et Jean-Dominique Senard préconisant d’inscrire dans le code civil les enjeux sociaux et environnementaux de l’entreprise – et avant la présentation du projet de loi Pacte en Conseil des ministres – les prises de position se multiplient sur ces enjeux, contribuant à faire évoluer les opinions« , notent-ils.

Dépasser une vision de la RSE peu ambitieuse

Parmi les grandes évolutions, l’idée selon laquelle « la RSE doit être perçue comme une opportunité économique, car c’est une source d’avantage concurrentiel pour l’entreprise » convainc aujourd’hui 63 % des cadres, en progression de 8 points depuis janvier.

La place concrète de la RSE au sein de l’entreprise évolue également très fortement : 7 cadres sur 10 pensent que celle-ci doit être « intégrée à la stratégie et aux opérations commerciales« . C’est 18 points de plus qu’en janvier. « Autrement dit, ce qui n’était hier qu’un point de vue parmi d’autres devient une vision de plus en plus consensuelle et partagée, à la faveur des débats en cours« , soulignent les analystes.

Pour Rodolphe Durand, professeur à HEC Paris, et fondateur du Centre Society And Organizations, ces évolutions, particulièrement significatives sur une période aussi courte sont le signe d’ »une attente croissante de la part des cadres de dépasser une vision de la RSE peu ambitieuse ou trop accommodante pour inciter les dirigeants à s’engager davantage et de manière plus concrète« .

 

Béatrice Héraud @beatriceheraud

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