La culture ancestrale, une clé pour la réhabilitation des détenus autochtones

Les services correctionnels pour les besoins des Premières Nations sont au cœur des témoignages de la neuvième journée d’audiences de la Commission Viens à Maliotenam. Selon plusieurs témoins, les établissements qui accueillent des détenus à Sept-Îles se démarquent par leur adaptation à la culture des Autochtones.

Un texte d’Alix-Anne Turcotti

Un détenu autochtone originaire de l’Abitibi-Témiscamingue, Jason Papatie, a raconté aux membres de la commission d’enquête que son transfert dans la prison de Sept-Îles l’aidait dans sa réhabilitation, en particulier grâce aux programmes sur la culture ancestrale des Premières Nations proposés aux prisonniers.

J’ai retrouvé mon identité. Les ateliers de purifications, ça aide à enlever le négatif.

Jason Papatie, témoin à la Commission Viens
Jason Papatie témoigne à la Commission Viens.
Jason Papatie témoigne à la Commission Viens. Photo : Radio-Canada

Le jeune homme âgé de 25 ans a également bénéficié d’un séjour au centre résidentiel communautaire Kapatakan Gilles-Jourdain de Maliotenam, qui offre des services selon les valeurs et les traditions des peuples autochtones.

Jason Papatie a expliqué que cette expérience avait des effets positifs dans sa vie. À la fin de sa peine, il a l’intention de reprendre ses études en machinerie lourde et de retourner en Abitibi.

Un centre résidentiel communautaire unique au Québec

Selon la directrice du centre résidentiel communautaire Kapatakan Gilles-Jourdain de Maliotenam, Brigitte Lalo-Malek, l’établissement présente des services uniques au Québec pour les Autochtones qui ont des démêlés avec la justice.

Des installations au centre Kapatakan Gilles-Jourdain de Maliotenam
Des installations au centre Kapatakan Gilles-Jourdain de Maliotenam Photo : Radio-Canada

La conseillère clinique du centre, Lise Malek, précise que les personnes sont accompagnées sur le plan spirituel et physique pour les aider à se réhabiliter.

L’individu qui arrive à Kapatakan, c’est quelqu’un qui a beaucoup de souffrance, de honte et de blessures.

Lise Malek, conseillère clinique au centre Kapatakan Gilles-Jourdain

Le centre peut accueillir jusqu’à 20 personnes et propose un programme de réhabilitation de 12 semaines.

Compte rendu :

En début de semaine, la directrice des services professionnels correctionnels de la Côte-Nord, Line Boudreault, a présenté à la Commission Viens, les différents programmes offerts à la prison de Sept-Îles pour les Autochtones. Selon les données qu’elle a présentées, plus de 50 % des détenus incarcérés à la prison provinciale de Sept-Îles sont autochtones.

Le président de la Commission d’enquête, Jacques Viens, a estimé que l’établissement carcéral de Sept-Îles méritait « une bonne note » pour la qualité de ses programmes offerts aux Autochtones. Il a également salué le travail de l’équipe du centre résidentiel communautaire Kapatakan Gilles-Jourdain. Il a cependant déploré qu’un jeune comme Jason Papatie en ait appris plus sur sa culture une fois en prison.

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