En Saône-et-Loire, Mecateamcluster inaugure la première halle mutualisée de maintenance ferroviaire

Publié par Christiane Perruchot, le 18 mai 2018

MAINTENANCE/MONTCEAU. Initiative de la grappe d’entreprises Mecateamcluster, la première halle mutualisée de maintenance des engins ferroviaires a été inaugurée hier, 17 mai, à Saint-Vallier, près de Montceau-les-Mines.

Eiffage Rail et TSO, deux des gros opérateurs de travaux ferroviaires s’allient à des PME de Saône-et-Loire et aux collectivités pour réaliser cet investissement de 6 millions d’€ qui en appelle d’autres.
L’opérateur espagnol Érion va rejoindre les lieux. Il démarre en juillet la construction d’un bâtiment de 4.500 m2 pour la maintenance des locomotives.

 

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La halle de maintenance des engins ferroviaires est implantée sur le site des Chavannes, à Saint-Vallier à côté de l’ancien lavoir à charbon (au fond). © C.P./Traces Ecrites.

 

Son profil imposant – 110 mètres de long, 30 mètres de large et 10 de hauteur – préserve un angle de vision sur le lavoir des Chavannes qui servait jusqu’en 1999 au tri du charbon extrait dans le bassin minier de Montceau. En un coup d’oeil, la halle de maintenance des engins ferroviaires inaugurée hier 17 mai à Saint-Vallier résume l’évolution économique de ce territoire du nord-ouest de la Saône-et-Loire. Après la fermeture des mines en 2000, il a su rester industriel, rappelle Marie-Claude Jarrot, maire de Montceau-les-Mines.

 

Parmi les savoir-faire préservés en métallurgie et en mécanique, on y déniche d’ailleurs une spécialité : la fabrication d’engins mobiles, des machines de plusieurs dizaines de tonnes pour construire les voies ferrées, les routes, les tunnels ou soulever des charges.

 

Avec comme porte-drapeaux, Novium et Métalliance, ces PME se sont alliées en 2011 avec des grands groupes au sein d’une grappe d’entreprises baptisée Mecateamcluster, afin de codévelopper des innovations techniques. De ce rapprochement est né ce centre de maintenance des engins ferroviaires qui affiche la particularité d’être commun à plusieurs constructeurs de voies ferrées.

 

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Trois d’entre eux, parmi les plus importants du marché des travaux ferroviaires, se sont engagés à réaliser pendant cinq à sept ans, une partie des réparations de leurs engins en louant les deux voies ferrées implantées dans le bâtiment : Eiffage Rail, TSO (groupe NGE) et ETF (groupe Vinci).

 

Les deux premiers, Eiffage Rail et TSO, sont même co-investisseurs avec les collectivités locales et l’État (à travers le PIA, Programme Investissements d’Avenir) de cet équipement de 2.640 m2 couverts qui a coûté 6,2 millions d’€.

Dans la maintenance ferroviaire, expliquent les opérateurs, il n’est pas exceptionnel de confier ponctuellement à son concurrent la maintenance de ses engins. Aussi, se retrouver sous le même toit, ne pose pas de problème aux opérateurs qui viennent  chercher ici à compléter leurs compétences avec celles des entreprises du cluster : des mécaniciens, des électriciens, des hydrauliciens ou encore des électroniciens appelés à réparer des pannes mécaniques, remplacer des capteurs de sécurité, ou encore des pompes hydrauliques.

Un centre de formation aux métiers de la maintenance ferroviaire

 

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La halle construite par Keops présente deux caractéristiques techniques : un pont roulant de plusieurs dizaines de tonnes et deux fosses de voies ferrées. © C.P./Traces Ecrites.

 

« Certains de nos ateliers sont vieillissants et d’autres régulièrement saturés », explique Laurent Levêque, directeur du matériel chez TSO. « Une machine localisée à Marseille met trois jours pour rejoindre notre atelier du Val d’Oise et autant pour revenir sur le chantier ; plus proche, la halle de Montceau permettra de gagner du temps et de la productivité », ajoute Jean-Emmanuel Durand, directeur délégué du matériel chez ETF.

 

Le premier engin à réparer est arrivé opportunément pour l’inauguration en provenance d’un chantier du Luxembourg. Il s’agit d’une bourreuse, une machine de 42 mètres de long qui compacte le ballast et nivèle le niveau de la voie pour sécuriser le passage des trains « au millimètre », précise un spécialiste.

La halle de maintenance est la première à porter au crédit d’un projet qui coûtera au final 25 millions d’€, et comprend un centre de formation aux métiers de la maintenance des engins ferroviaires dont la construction sera officiellement lancée le 1er juin.

 

Un ensemble bâti de 2.800 m2 dont 1.300 m2 dédié à la pratique et flanqué de 3 voies-écoles de 350 mètres de long formera les salariés des entreprises ferroviaires et une cinquante d’étudiants par an sous forme d’un contrat en alternance de niveau bac pro à bac+3.

 

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« Aucune formation académique spécialisée dans la maintenance des engins de travaux ferroviaire n’existe et les formations continues sont insuffisantes », expliquent les acteurs du projet qui ont profité de l’inauguration pour annoncer un autre investissement, cette fois, 100% privé.

 

L’espagnol Érion, déjà présent sur la communauté urbaine Creusot-Montceau, rejoint les lieux. Le 18 juillet, il démarre en surplomb de la halle de maintenance, la construction d’un bâtiment encore plus grand, 4.500 m2 où il fera l’entretien et la réparation de locomotives.

 

L’atelier construit – tout comme la halle – par le contractant général Keops, implanté à Lyon et à Chalon-sur-Saône, abritera un tour d’usinage en fosse : enterré, il permet de reprofiler les roues des trains sans les démonter.

 

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La halle est embranchée au réseau ferroviaire Paris-Lyon, voie qu’utilisait Charbonnages de France au moment de l’exploitation de la mine. © C.P./ Traces Ecrites.

 

Un montage complexe public-privé

 

L’opération dont le coût s’élèvera au final à 25 millions d’€ a nécessité un montage complexe public-privé.

Propriétaire du site de 12 hectares, la Société d’économie mixte pour la coopération industrielle en Bourgogne (SEMCIB) a porté le foncier et viabilisé le terrain. Elle est aussi le maître d’ouvrage d’ouvrage des bâtiments dédiés à la formation. La SEMCIB est présidée par un élu, Jean-Claude Lagrange, vice-président du conseil régional en charge de l’Économie et élu de la communauté urbaine Creusot-Montceau.

 

Elle accueille à son capital la Communauté urbaine Creusot-Montceau, le Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté et le Conseil départemental de Saône-et-Loire, la CCI, et côté privé, la Caisse des dépôts, le Crédit Agricole, la Caisse d’Épargne, Eiffage Rail, TSO et des entreprises adhérentes du Mecateamcluster.

 

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Une seconde filiale, la SAS Atelier de Maintenanceprésidée par Patrice Chagnaud, dirigeant de Fluidexpert, a réalisé le projet de construction de la halle sous forme d’un contrat de promotion immobilière. Elle a pour actionnaires les deux majors de travaux ferroviaires Eiffage Rail et TSO, et la société Corail qui associe des entreprises locales.

 

Une troisième SAS exploite le site. Baptisée Maintenance Assistance Opérating (MAO)elle équilibre son budget avec les loyers versés par les trois opérateurs et espère en attirer d’autres. Elle est présidée par Frédéric Charbon, président du groupe Rave à Torcy (Saône-et-Loire). La société spécialisée dans la logistique des sites industriels est actionnaire avec les entreprises locales Novium, Métalliance et TSI Production.

 

Le volet formation donne naissance à une quatrième société : la SAS Campus Mecateam qui commercialisera les formations. Elle est présidée par Valérie Obriot, DRH du groupe Inicia dont fait partie Fluidexpert.

 

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© C.P./ Traces Ecrites.

Roger Martin BTP

Article classé dans : Entreprises
Territoires

Mots-clés : Saône-et-Loire, Montceau-les-Mines, Communauté Urbaine Le Creusot-Montceau, Novium, Mecateamcluster, Groupe Inicia, Bourgogne Franche-Comté, engins de travaux ferroviaires, Métalliance, Fluidexpert, Érion

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