Elis et Safran récompensés par le Club des Trente

L’audace et la persévérance sont deux ingrédients indispensables à toute stratégie. Le Club des Trente a récompensé l’un et l’autre en choisissant de distinguer deux acquisitions réalisées l’an dernier par Elis et par Safran.

L’association, qui réunit les directeurs financiers des grands groupes français, sous la présidence de celui de Legrand, Antoine Burel , a décerné jeudi le premier prix de la meilleure opération financière de 2017 au numéro un européen de la blanchisserie industrielle pour  l’acquisition de son concurrent britannique Berendsen. Safran a reçu un second prix pour son OPA sur Zodiac Aerospace.

Stratégie offensive

Le Club n’a pas primé d’opération de financement pour la dix-huitième édition de cette compétition parrainée par HEC, les cabinets d’audit Mazars et PwC, les cabinets d’avocats Brandford Griffith et Linklaters, en partenariat avec la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP), « Option Finance » et « Les Echos ».

Le jury, présidé par  Sophie Stabile, a salué la stratégie offensive du patron d’Elis, Xavier Martiré. De proie éventuelle il y a une dizaine d’années, le leader européen de la location et de l’entretien du linge industriel s’est fait le prédateur de son principal rival, Berendsen. La résistance initiale du Britannique a été vaincue par une offre à 12,50 livres par action (hors acompte sur dividendes), soit au total 2,2 milliards de livres (2,4 milliards d’euros).

Doublement de taille pour Elis

Le groupe, qui a pratiquement doublé de taille, escompte un effet positif à deux chiffres sur son bénéfice net par action ajusté dès 2018. L’opération, qui incluait une composante de cash (5,40 livres) et de titres (0,403 action nouvelle Elis), n’a en outre pas dégradé le profil de crédit du groupe, avec un levier de 3,1 fois l’Ebitda. Elis était conseillé par Lazard, Deutsche Bank et Zaoui tandis que JP Morgan, HSBC, et Credit Suisse étaient les conseils de Berendsen.

Le Club des Trente a tenu également à distinguer dans l’acquisition de Zodiac par Safran la constitution d’un nouveau champion tricolore dans l’industrie porteuse de l’aéronautique. La création du numéro 3 mondial, et deuxième équipementier, n’était pourtant pas gagnée d’avance.

Une offre révisée sur Zodiac

Safran a créé le numéro 3 mondial de l'aéronautique avec la reprise de Zodiac - SIPA
Safran a créé le numéro 3 mondial de l’aéronautique avec la reprise de Zodiac – SIPA

Deux nouvelles alertes sur les profits émises par le fabricant de sièges et de cockpits après la première offre de Safran à 29,47 euros, ont conduit le motoriste d’avions, sous la pression du fonds activiste TCI, à formuler une  nouvelle proposition à 25 euros, soit une diminution du prix d’un milliard ramenant à 8,7 milliards la valeur d’entreprise.

Afin de demeurer attractive pour les familles actionnaires de Zodiac, elle comprenait une composante en titres plafonnée à 31,4 % du capital, avec une parité entre 0,3 et 0,332 action de préférence Safran pour une Zodiac. Le groupe attend 200 millions d’euros de synergies sur trois ans et un effet positif sur le résultat net par action proche de 10 % dès la première année d’intégration et supérieur a 15 % la deuxième année. Safran s’est entouré de Goldman Sachs, Lazard et Bank of America Merrill Lynch, tandis que Zodiac était conseillé par BNP Paribas, Rothschild et Citi.

Laurent Flallo

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