Maif fait de la diversification le mot d'ordre de son plan stratégique

0
74

L’année 2019 sera le premier du nouveau plan stratégique de Maif, jusqu’en 2022. Le précédent, axé sur la période 2015-2018, s’est terminé par la réalisation de plusieurs objectifs. A commencer par le nombre de nouveaux membres, s'est établi à 165 000 sur quatre ans, au lieu d'une ambition initiale de 140 000. Si la Mutuelle Niortaise a fait mieux que prévu, c'est que le chiffre d'affaires de ses clients est limité à 0,85% par an, contre une moyenne de 15% pour les marchés de l'assurance auto et de l'assurance. assurance, indique à Good Banque son directeur général, Pascal Demurger. "Il s'agit d'un avantage concurrentiel essentiel qui nous permet d'économiser plus de cent millions d'euros en coûts d'acquisition de clients par an", précise le chef. Les économies que Maif investit dans l'amélioration de la qualité du service rendu à ses membres et de leur rémunération.

Conquérir de nouveaux clients:
objectif renouvelé

Bien que le groupe ait dépassé son objectif de gagner 140 000 nouveaux clients lors de son plan précédent, il le renouvelle pour la période 2019-2022. Cela tient compte du vieillissement de ses membres et des nouveaux défis auxquels le secteur est confronté, tels que la transformation numérique. "Le cœur de notre plan stratégique est axé sur la préparation à la perturbation du marché de l'assurance, y compris la désintermédiation", explique Pascal Demurger. Pour le leader, cela implique "Pour être aussi agile que possible" mais aussi pour développer de nouvelles entreprises et pour s’adresser à une plus grande diversité de marchés afin de "Etre moins exposé aux menaces qui pèsent sur notre activité historique d'assurance des dommages corporels".

La mutuelle, qui réalise 80% de son chiffre d'affaires en assurance non vie, va notamment se renforcer dans l'assurance de personnes. Avec l'objectif d'augmenter le taux de pénétration de l'assurance de personnes dans son portefeuille de clients de 11% aujourd'hui à 15% "court terme". L'année dernière, Maif a signé un partenariat commercial avec Vyv, dans lequel elle produira une assurance vie pour le groupe à partir du deuxième semestre de 2019.

L’assureur entend également renforcer sa position dans le BtoB en ciblant le marché des entreprises, en particulier les PME et les entreprises de taille intermédiaire, dans le but d’augmenter le chiffre d’affaires de cette activité de 25% en quatre ans, à 225 millions d’euros. Toujours dans la perspective de mieux se préparer aux nouveaux défis du secteur, l’assureur finance également des start-ups via son fonds Maif Avenir, doté de 250 millions d’euros. "Nous avons été l'un des premiers assureurs à s'intéresser à l'économie collaborative", souligne Pascal Demurger qui indique que 70 millions d’euros n’ont pas encore été déployés dans son fonds. Maif se renforce, par exemple, dans l'incubateur de start-up Numa, dont elle détient déjà 21%, afin de devenir l'actionnaire majoritaire. La finalisation de l'opération sera annoncée en 2019.

Rester agile

BtoBtoC est également une priorité, notamment via sa filiale Altima. "Cela devrait nous permettre de développer une activité autonome et de servir de laboratoire pour tester les nouvelles offres numériques du groupe", détaille Pascal Demurger. Maif a lancé en juillet une offre d'assurance auto en ligne à la minute près "Pour les petits cavaliers" avec une boîte connectée Bluetooth qui calcule la durée réelle.

Enfin, l’assureur mise sur "singularité" se démarquer des GAFA sur le futur marché des assurances. "Nous avons construit un modèle qui tient compte de notre impact social et environnemental", déclare Pascal Demurger. "Je parie qu'à l'avenir, une partie de la population française sera de plus en plus sensible à cet impact positif et choisira les marques les plus crédibles par rapport à des concurrents potentiels comme Google ou Amazon"il ajoute.

Une singularité qui repose également sur l’attachement de la Maif à son indépendance. L’assureur a choisi de s’éloigner de la consolidation du secteur, estimant que sa taille actuelle lui permettait de rester agile. Pascal Demurger juge cependant que "Les acquisitions qui nous aident à développer une activité spécifique et à acquérir un savoir-faire peuvent avoir un sens". La Maif a les moyens, avec ses 600 millions d'euros de fonds propres, un niveau, encore une fois, supérieur à l'objectif initial de 500 millions d'euros du plan 2015-2018.