Plus de 1 000 postes menacés chez BNP Paribas Fortis

0
76

Les fusions se poursuivent dans le secteur bancaire belge. BNP Paribas Fortis, la première banque de la plate-forme avec 13 000 employés, prépare le retrait de 800 à 1 000 emplois dans le cadre de négociations en cours avec les syndicats sur l'organisation du travail. La nouvelle, ressentie depuis des jours, a été officiellement confirmée jeudi. Trois des quatre syndicats de la banque ont donné leur accord de principe.

Convention syndicale

La banque leur garantit en échange de ne pas procéder à "Pas de licenciement à sec" : tout se fera par un plan de départs volontaires. Ce dernier offrira notamment la possibilité de se former à un autre métier, surtout dans la santé dans le cadre d'un accord récemment passé par le secteur bancaire belge avec des secteurs en tension pour organiser des ponts. " La banque poursuivra et renforcera ses efforts de formation pour que tous ses employés développent leur employabilité interne et externe. ", Affirme BNP Paribas Fortis par communiqué de presse.

Jusqu'à 2500 emplois en moins

Cependant, les pertes d'emplois iront plus loin: l'accord sur la table ne prévoit pas non plus de remplacement des départs "naturels" (départs à la retraite, démissions, etc.) de la banque pour les trois prochaines années. Au final, selon les estimations de la presse belge, entre 2 000 et 2 500 emplois devraient être supprimés chez BNP Paribas Fortis. Pour éviter les licenciements à sec, les syndicats ont également dû accepter une réforme du temps de travail pour travailler plus sans gagner plus.

Les chiffres tomberaient à un peu plus de 10 000, soit deux fois moins que Fortis il y a dix ans. Le champion belge de l'époque, qui naviguait à l'international, a quant à lui dû réduire fortement les voiles avec la crise et le passage sous le giron du français BNP Paribas.

numériser

Ses dégraissages successifs s'inscrivent dans un mouvement fondamental qui touche également ses concurrents. Selon les derniers chiffres de Febelfin, la fédération des banques belges, le secteur bancaire (hors réseau indépendant) compte désormais 51 200 emplois, contre plus de 62 000 il y a dix ans.

Au-delà du choc de la crise de 2008, les banques souffrent de taux bas persistants, qui pèsent sur leurs marges, et sont obligées de se réorganiser sous l'impact de l'innovation et de la modification des habitudes des consommateurs. Le passage clair à la numérisation implique la disparition de certains emplois. En témoigne la forte baisse du nombre d'agences "physiques", passées de 8 000 à 5 000 en Belgique au cours des dix dernières années.

Derek Perrotte

Bureau de Bruxelles