Le financement à faible coût a toujours constitué un avantage concurrentiel majeur pour les entreprises allemandes en Europe. Mais pour Deutsche Bank, ces temps sont révolus. Le groupe a dû payer le prix fort la semaine dernière pour placer 3 milliards d’euros de dette. Deux transactions en particulier ont attiré l'attention des observateurs. Pour se financer à 2 ans, Deutsche Bank devait offrir aux investisseurs une marge de 180 points de base au-dessus de la courbe des taux de swap, un niveau très élevé pour une échéance aussi courte. Le groupe a également contracté un emprunt à terme de 7 ans avec une marge de 230 points de base. En comparaison, son rival, BNP Paribas, n’avait payé que 50 points de base pour une transaction du même type. Pour accéder au marché, Deutsche Bank doit maintenant payer un prix équivalent à celui d'une banque espagnole telle que CaixaBank.

Ces niveaux de prix reflètent la méfiance progressivement créée par les investisseurs alors que le groupe tarde à consolider son modèle économique. Le CDS de la banque, qui mesure le prix de l’assurance contre le défaut de paiement de la Deutsche Bank, est un autre indicateur: son niveau a doublé en un an et dépasse de loin celui de la Commerzbank, mais il est loin d’être le meilleur. étudiant de la classe bancaire.

Le directeur financier de la banque allemande, James von Moltke, l’a admis la semaine dernière aux investisseurs: sa priorité est de réduire le coût de financement du groupe et d’ajuster sa notation. Deutsche Bank est en effet menacée d'être entraînée dans un tourbillon que toutes les banques craignent. Avec une matière première aussi coûteuse, plus de moyens de concurrencer les plus grandes banques d’investissement; le groupe perd des clients, des revenus; ses résultats sont en baisse, sa qualité de crédit se dégrade et ses prêteurs dictent des conditions de plus en plus onéreuses. Pour Deutsche Bank, qui prévoit de lever entre 20 et 25 milliards d’euros cette année sur les marchés, il est urgent de briser le cercle vicieux.