Les prix de l'immobilier augmentent plus vite que les salaires et, malgré un environnement de taux bas, ce n'est pas sans problèmes. (Crédits: Geralt Pixabay)

Dans une grande majorité des pays développés, les prix de l'immobilier augmentent plus vite que les salaires. Et malgré des taux d’intérêt bas, cette dépense pèse de plus en plus lourdement.

Le logement est décidément de moins en moins abordable. Alors que la plupart des Français peuvent facilement constater que les prix de l'immobilier dans la plupart des grandes villes augmentent beaucoup plus rapidement que les salaires, ils ne sont pas les seuls dans ce cas. Selon une note publiée le 4 février par Patrick Artus, économiste en chef chez Natixis, dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE (à l’exception du Japon, de l’Allemagne et de l’Italie), depuis 20 ans, la pierre grimpe nettement plus vite que le salaire par habitant.

Même en tenant compte de la baisse des taux d’intérêt à long terme (voir ci-dessous), la note indique que la déduction totale du revenu due à l’acquisition d’un logement (remboursement de l’emprunt hypothécaire et intérêt sur crédit) a progressé plus rapidement que les gains des deux pays. États-Unis et la France au Royaume-Uni, Canada, Australie ou Suède. En outre, les économistes notent "une tendance particulièrement défavorable pour les ménages au Canada, aux États-Unis et en Australie", notant au passage que "cette question du coût de l'immobilier devrait donc être sérieusement examinée par les gouvernements". Normalement, le coût de l'immobilier est un déterminant essentiel du pouvoir d'achat des ménages.

Les prix ont augmenté de 24% et les salaires de 8%

De son côté, le réseau immobilier international Knight Frank est parvenu à des conclusions très similaires dans une étude publiée le 29 janvier. Dans un panel mondial de 32 villes, il note que la hausse des prix de la pierre dépasse de 16% celle des revenus (+ 24% pour les prix contre + 8% pour les salaires). Knight Frank en déduit toutefois que Paris fait partie des rares villes (avec New York, Moscou, Singapour et Bombay) à s'être retirées du jeu avec des revenus réels progressant plus que les coûts immobiliers. Dans cette liste, les villes d’Amsterdam, de Vancouver et d’Auckland connaissent le développement le plus défavorable, le boom de l’immobilier régnant largement sur les hausses de salaires.

Le réseau déduit même une estimation mondiale de l'écart entre les prix de l'immobilier et les revenus: 740 milliards de dollars. Avec ce montant, il serait possible de rendre l’immobilier accessible partout. Une somme énorme que Knight Frank explique par l’urbanisation croissante menant à une concurrence pour les mêmes espaces menant finalement à cette flambée des prix.