La chanteuse congolaise Koffi Olomide à Dakar le 30 avril 2005 / Good Banque / Archives

La chanteuse congolaise Koffi Olomide à Dakar le 30 avril 2005 / Good Banque / Archives

Le roi de la rumba congolaise Koffi Olomide, poursuivi pour agression sexuelle sur quatre de ses danseurs mais absent lundi lors de son procès devant le tribunal pénal de Nanterre, sera fixé sur son sort le 18 mars.

Actuellement visé par deux mandats d'arrêt, un français et un zambien, la star des 62 ans, qui nie les faits, avait laissé entendre en juin 2018 qu'il viendrait se défendre lors de l'annonce de son retour à la justice française. Mais il n'a pas comparu lundi lors de son procès à huis clos.

Défendu par deux avocats du barreau, Eric Dupond-Moretti et Emmanuel Marsigny, le chanteur est poursuivi pour violences sexuelles avec violence, coercition, menace ou surprise par des personnes autoritaires et pour enlèvements. Faits qui auraient été commis en région parisienne entre 2002 et 2006.

Il devait également comparaître pour avoir facilité l'entrée et le séjour illégal des plaignants en France et pour les avoir fait travailler illégalement en les payant moins, voire en les privant de rémunération.

Suspecté de complicité, deux hommes de main sont apparus lundi.

La séance à huis clos de plein droit a été demandée par les parties civiles. Trois d'entre eux étaient présents à l'audience.

Leur avocat, David Desgranges, a déploré l'absence du principal prévenu. "Mes clients sont accusés de contradictions, le problème est que M. Olomide lui-même en a beaucoup dans ses propres déclarations" et "j'aurais aimé entendre ses explications et le confronter à ses propres contradictions", a-t-il déclaré. conseils aux journalistes.

Les avocats de la défense n'ont pas souhaité prendre la parole.

Inculpé en février 2012 de viols aggravés, le chanteur congolais avait vu les responsables de l'accusation retenus à son encontre allégés et la procédure corrigée.

Les plaignants l'accusent d'avoir imposé des relations sans consentement en France, comme en République démocratique du Congo (RDC) ou en tournée ailleurs.

Les faits retenus par le parquet en France ont eu lieu dans un pavillon d'Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) où l'artiste logeait des jeunes femmes en marge de concerts ou d'enregistrements. En l'absence de pièce d'identité et de téléphone, trois hommes les ont retenus 24 heures sur 24.

Lorsque leur chef a exprimé le désir, l’un de ces gardes lui a plus souvent accompagné les danseurs, l’hôtel ou le studio d’enregistrement, évoquant ainsi des témoignages imposés sans préservatif. Et des gifles quand ils se sont battus.

S'ils le refusaient, il ne les faisait plus travailler.

Les jeunes femmes ont fini par s’échapper du pavillon une nuit de juin 2006 et ont porté plainte en 2007, 2009 et 2013. Elles ne sont jamais revenues en RDC par peur de représailles.

Koffi Olomide était rentré à la hâte dans son pays en 2009 lorsqu'il avait appris qu'un acte d'accusation ainsi qu'une détention provisoire étaient requis contre lui.

En juin 2018, lors de l'annonce de son retour devant les tribunaux français, le chanteur avait "fermement" contesté les faits, dans un communiqué publié par Marsigny.

La star congolaise, mariée et père de famille, a déjà été condamné par le passé: Antoine Agbepa Mumba, de son vrai nom, a été brièvement emprisonné en 2016 pour avoir donné un coup de pied violent à l'un de ses danseurs. En 2012, il a également été condamné pour violence à l'encontre de son producteur.

La justice zambienne le cherche également dans une affaire d'agression contre un photojournaliste rwandais. Apparu à Lusaka en septembre dernier, le défendeur n'y était pas non plus.

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