Assurance vie: la sécurité, un atout majeur pour 2019

0
8

À l'heure où le ballon des fonds en euros 2018 bat son plein, de nombreux épargnants s'interrogent sur le choix d'un contrat multimédia dans un contexte boursier tumultueux. Pour éviter les pièges, certains points de bon sens sont nécessaires.

L’Assurance Vie pourrait bien rester, selon l’INSEE, le " placement financier préféré des Français après les livrets d'épargne Il est encore une fois susceptible de décevoir beaucoup de gens "39% des ménages métropolitains ayant au moins un contrat, 2,5 points de plus qu'en 2015" *.

Prévue en moyenne entre 1,6% et 1,8% (avant charges sur primes et charges sociales de 17,2%), rendement net 2018 des fonds en euros ne protège plus vraiment le capital de l'inflation (anticipé à 1,6% sur la même période). Quant aux médias en UC (unités de compte), ils sont pour beaucoup passés du vert au rouge, à la suite de la chute du CAC 40. Alors que faire? Au moins cinq questions sont nécessaires en début d’année pour gérer au mieux son contrat.

1 Devez-vous conserver votre fonds en euros?

Même s'il est grignoté par l'inflation, le fonds en euros ne doit pas être jeté, car "De qualité comparable, c’est le investissement garanti le marché le plus compétitif ", rappelle Guillaume Doré, président et fondateur de Mieuxplacer.com. Sécurisé à tout moment par l'assureur (et susceptible d'être racheté tous les jours par l'assuré).

Ce support d’épargne bénéficiant d’un effet à cliquet (son rendement est définitivement acquis chaque année) est particulièrement attractif Un livret plafonné à 22 950 euros de dépôts et dont le taux de rémunération, également net de frais, taxes et prélèvements sociaux, est plafonné à 0,75% jusqu'en 2020.

"Le fonds euro reste un tampon essentiel, il convient simplement de proportionner la part de son contrat en fonction de son horizon d'investissement et de aversion pour le risque, sans céder aux besoins de diversification des assureurs, qui vous poussent parfois à détenir 30% ou 40% des UC, sans toujours prendre en compte vos connaissances financières ou votre profil patrimonial ", résume Nicolas Cagi Nicolau, directeur général de la plateforme des investisseurs privés.

Traitement inégal

Il s’agit de la déclaration établie par la CLCV (Association de consommation, de logement et d’environnement de vie) qui, après avoir examiné 207 contrats en 2018, note les écarts de rendement des fonds en euros, qui varient de "Simple quadruple" (de 0,75% pour les moins nantis à 3,5% pour les meilleurs) avec comme élément clé un écart grandissant après 8 ans: rendement cumulé de 19,84% pour les produits de bancassurance contre 26, 38% pour ceux des autres acteurs du marché.

2 Les fonds "euro-dynamiques" atteignent-ils leur limite?

Ce n'est pas l'avis de Bernard Le Bras, PDG de Suravenir (groupe Crédit Mutuel Arkéa), l'une des rares sociétés (avec Generali, AG2R La Mondiale ou Spirica-Crédit Agricole Assurances) à promouvoir ces fonds. en euros atypiques avec capital garanti, mais peu chargés en obligations et fortement exposés à l'immobilier tertiaire (euro-stone) et / ou aux actions (euro-assets). "La qualité des investissements réalisés depuis la création de notre fonds Safety Pierre Euro, conçu avec Primonial, nous a permis de servir un taux de 3,20% en 2018 et nous maintenons une très bonne visibilité à moyen terme sur ce rendement, assis sur un portefeuille principalement immobilier qui a généré un rendement brut de 4,80% l’an dernier. "

Proposé par une poignée de courtiers en ligne et de réseaux du patrimoine, ces offres alternatives avec des barrières à l'entrée (un investissement minimum de 50% en UC pour accéder à Pierre Euro Security, par exemple) restent toutefois des produits de niche réservés aux épargnants avertis, car, même s'il est sophistiqué, son moteur de performance est toujours susceptible de stagner (sous-performance de l'euro en 2018) fonds-fonds exposés en actions en témoigne).

3 Faut-il renoncer aux UC?

Les tributaires, à la hausse et à la baisse, de Marchés financiers là où elles sont investies, les unités de compte ont évidemment souffert de la dépression boursière de 2018. Mais ce n'est pas une raison pour fermer complètement l'aile. "La diversification reste l'élément clé d'une allocation durable, construite en fonction d'objectifs (achat de logement, de retraite) et de périodes d'investissement bien définies"raconte Guillaume Piard, co-fondateur de Fintech Nalo. Faire les bons choix n’est pas moins délicat dans un contexte où, comme le rappelle Nicolas Cagi Nicolau, "Les niveaux de dispersion des résultats sur les marchés européens atteignent des niveaux record".

La solution de facilité consiste généralement à opter pour l’une des nombreuses directions «clé en main», décomposée en profils de risque plus ou moins offensants délégués aux professionnels proposés par les réseaux. Mais à part quelques offres Internet dédiées ou haut de gamme, il est clair que "Souvent, cette gestion simplifiée, fortement chargée en frais, offre une performance décevante"regrette le fondateur du site internet Goodvalueformoney.eu, Cyrille Chartier-Kastler. Au lieu de cela, il recommande de privilégier fraction diversifiée de son contrat "Les fonds d'actions les plus purs possibles, ou les trackers, plus lisibles et moins coûteux".

4 Peut-on limiter les frais?

"C'est un élément clé pour la rentabilité globale du contrat"Aurore Gaspar, directrice générale adjointe de Good Banque, qui, comme la plupart des acteurs de l'internet, ne facture aucuns frais sur les primes versées par ses clients en assurance vie.

Toutefois, pour jouer à la concurrence, il faut distinguer clairement les frais contractuels négociables – primes, impayés (frais de gestion annuels), arbitrage, mandat, etc. – détaillés dans le DIC (document de clé pré-contractuel, remis obligatoirement avant la signature). spécifiques aux fonds dans lesquels les UC sont investis. Ceux-ci, quand ils sont hauts, peuvent parfois "Faire preuve d'une excellente gestion de la conviction, d'où l'importance, pour la même catégorie de fonds, d'identifier les écarts de performance nets", conseille Guillaume Doré.

5 La fiscalité est-elle toujours avantageuse?

Même si, récemment, le serpent de mer de la remise en cause du régime de succession de l'assurance-vie a refait surface, cet investissement reste inégalé pour optimiser sa transmission (le contrat n'entre pas dans les actifs du défunt et reste le seul moyen de concéder à la personne de son choix jusqu'à 152 500 euros libre jouir de faibles revenus fiscaux.

En cas de sortie, les gains cumulés sur le contrat sont imposés sur la base d’un prélèvement forfaitaire dégressif forfaitaire qui passe, hors charges sociales, de 35% pour un retrait avant 4 ans à 15% entre 4 et 8 ans, puis tombe à 7,5% au-delà, après réduction de 4 600 euros (ou 9 200 euros pour un couple) pour les produits générés par les primes payées avant le 27 septembre 2017.

Si Good Banque provient des primes enregistrées à partir de cette date, la déduction forfaitaire (toujours en excluant les cotisations de sécurité sociale) est de 12,8% quel que soit le moment du retrait, sachant toutefois que les épargnants qui détiennent moins de 150 000 euros d’assurance vie en cours (tous contrats confondus) ) bénéficient toujours du taux de 7,5% après 8 ans. Il convient également de noter que l’assuré peut opter pour le système d’imposition progressive traditionnel s’il est plus avantageux.

Laurence Delain

* Insee Etude Insee n ° 1722, "Le patrimoine des ménages en 2018", publiée le 3 décembre 2018.