Tennis, un nouveau cas de paris truqués

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La mise en garde à vue de deux joueurs français peu connus montre que le risque de pari truqué sur des tournois de deuxième classe, en France et dans le monde, est loin d’être éradiqué en dépit d’une batterie de mesures en ce moment. journée insuffisante.

C'est notre collègue "The Team" qui a donné l'alerte mardi 15 janvier en début de soirée, suite à la mystérieuse défaite par "no show" (aucune présentation) de deux joueurs français au premier tour du tournoi. Bressuire, dans les Deux-Sèvres, qui appartient à la catégorie Future, le troisième niveau professionnel.

Jules Okala, 21 ans (381e mondial à son meilleur en 2016) et Mick Lescure, 25 ans (487e en 2018) n'ont pas manqué à cause d'un manque d'oreiller. Ils ont été arrêtés par la police et placés en garde à vue dans une affaire de paris fictifs, qui concerne toute l'Europe.

83 personnes arrêtées en Espagne

La semaine du 7 janvier, Europol, l’agence de police européenne, a annoncé l’arrestation de 83 personnes impliquées dans ce type d’affaires, notamment en Espagne. Cette vague d'arrestations est liée à une enquête ouverte il y a trois ans en Belgique, où un gang de spécialistes a réussi à corrompre des dizaines de joueurs, dont la France.

Alors que les deux Français étaient toujours en garde à vue, mercredi 16 janvier au matin, il est possible que ce qui leur est reproché soit lié à l'affaire Hispano-Belge. De source judiciaire citée par "The Team", les deux joueurs sont soupçonnés d'avoir reçu de l'argent en échange de la perte d'un set sur un score précis lors des tournois Futures, mais aussi des Challengers, la deuxième division professionnelle.

Cette technique bien connue des services de surveillance des paris, y compris l’ARJEL (Autorité de régulation des jeux en ligne) est au cœur de la plupart des scandales qui secouent le tennis professionnel depuis des années. En 2008, une affaire impliquant la star russe Nikolay Davydenko dans un match contre l'Argentin Martin Vassalo Arguello a déclenché une série de mesures ciblant les meilleurs joueurs du monde, qui étaient hors de combat ou en convalescence.

La révolution permanente du tennis pour plus de profits

Cette affaire avait abouti à la création de la TIU (Unité d'intégrité du tennis) qui enquêtait sur de nombreux cas depuis. L'action de ce nouvel organe a été ralentie par la conversion, après 2008, de mafias spécialisées dans les paris truqués en tournois locaux de second ordre. Ils sont en effet beaucoup plus difficiles à repérer que les grandes compétitions, en particulier le "15", le plus petit circuit, avec 15 000 $ pour tous les joueurs.

Dans les quelques cas qui ont pris fin ces dernières années, les corrompus ont été tentés de payer entre 2 000 et 3 000 dollars, plus qu'ils ne pouvaient espérer gagner en se qualifiant pour les demi-finales de ce type de tournois. La TIU, dont le nombre est passé de six à dix-huit au cours des trois dernières années, aurait sanctionné 21 personnes, rien que pour l'année 2018.

Une réforme du classement pour réduire les tentations

Si cela se confirme, l'affaire des deux Français vient justifier la refonte du classement des joueurs intervenus en début d'année. Cette réforme consiste à expulser de l'ATP (Association des joueurs professionnels) tous les athlètes situés au-dessus de la 750e place.

Tout en leur ouvrant des portes pour qu’elles s’accroche au niveau professionnel grâce à leurs performances dans les tournois mineurs Le principe, prisé par les sports, est d’encourager ces petits joueurs à lutter davantage pour gagner des matchs et des points pour leur accession à l’ATP que pour gonfler leur compte en banque. Honnêtement ou pas.

Jean-François Fournel

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