"Gilets jaunes": nouvelle journée de mobilisation à trois jours du débat national

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Paris (AFP) – "Pas de lutte de classe, tous aux Bourgeois": pour leur neuvième samedi de mobilisation, les "gilets jaunes" veulent monter un nouveau foyer de contestation à Bourges, en plus de Paris, pour démontrer que leur colère est bien réelle pas éteint, trois jours du débat national censé atténuer la crise.

Si nous connaissons encore son ampleur, la mobilisation pourrait, selon le responsable de la police nationale, retrouver son niveau d'avant Noël: le 15 décembre, 66 000 personnes avaient été dénombrées en France, selon des chiffres officiels contestés par les "gilets jaunes".

Ces derniers jours, davantage de "gilets jaunes" ont été mobilisés: près de 2 500 ont été identifiés, selon une source proche.

Pour la première fois depuis le début du mouvement, un grand appel a été lancé pour un rassemblement à Bourges. Selon Priscillia Ludosky, l’une des figures historiques des "gilets jaunes" est de "démontrer notre unité au centre de la France".

Comme elle l'expliquait vendredi soir dans "Lived, le média du gilet jaune": "Cela se passe à Bourges car de nombreuses régions ont déjà bougé, notamment à Paris. Bourges est le centre de la France", en plus de son homophonie avec le "bourgeois" dont certains s'amusent.

Le préfet du Cher a pris des dispositions pour interdire tout rassemblement dans le centre historique de la ville et les musées, jardins et bâtiments publics de la ville resteront fermés samedi. Les horodatages et le mobilier urbain ont été démontés et les banques ont protégé leurs façades avec des feuilles de contreplaqué.

D'autres appels ont été lancés à Paris, notamment Eric Drouet, l'un des initiateurs du mouvement qui a débuté il y a deux mois. L'emplacement précis ne sera probablement révélé qu'au dernier moment.

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"Je veux beaucoup de gens, montrez que les gens sont là, montrez que les chiffres qu’ils disent sont archi-faux. Si ça tourne un peu de vinaigre, je reviendrai", dit Patrick Lerest, 62 ans, gilet jaune à Nemours (Seine -et-Marne).

"Je ne vais pas briser le flic", a-t-il déclaré. "Je veux une démo silencieuse, mon objectif n'est pas de me débarrasser du visage, nous en avons tous marre des gazages."

Le chef de la police parisienne craint en effet "plus radical", affirmant observer "semaine après semaine une dérive vers un comportement de plus en plus violent".

Le niveau de mobilisation des forces de sécurité est ainsi revenu à son niveau de mi-décembre avec 80 000 forces de police déployées, dont 5 000 à Paris, où les véhicules blindés à roues de la gendarmerie vont revenir.

"Ceux qui appellent aux manifestations de demain savent qu'il y aura des actes de violence et qu'ils auront donc leur part de responsabilité. Les choses sont claires", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, interviewé sur Facebook par Brut, un média acclamé par le "président jaune". gilets ".

Les images des émeutes dans les rues de Paris, en particulier le 1er décembre, avaient choqué la France mais aussi à l'étranger, entraînant une baisse du nombre de touristes dans la capitale ces derniers mois.

Depuis le début du mouvement, 10 personnes sont mortes aux points de blocage et plus de 1 600 personnes ont été blessées, dont 58 grièvement.

Un peu en retard avec les fêtes de fin d'année, la mobilisation est à la hausse et des violences ont éclaté, notamment à Paris, lors de l'Act 8 du 5 janvier.

L'entrée d'un ministère, où se trouvait le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a été brisée par une machine de construction, tandis qu'un ancien boxeur, Christophe Dettinger, avait heurté des gendarmes sur une passerelle au-dessus de la Seine.

Sur plusieurs vidéos, Travelers a appelé à la mobilisation à Paris samedi pour soutenir ce dernier, surnommé le "Gypsy Massy".

Vendredi, le chef de l'Etat a au contraire appelé les Français à saisir la "grande opportunité" que représente le grand débat, qui devrait commencer mardi.

Cette consultation "est un moment essentiel et très utile pour notre pays", a déclaré le président, qui publiera lundi la "lettre aux Français" dans laquelle il expliquera les objectifs du débat.

Il a loué "le sens de l'effort" et ajouté que "les problèmes que traverse notre société sont parfois dus au fait qu'un trop grand nombre de nos concitoyens pensent que nous pouvons obtenir" quelque chose "sans cet effort".

Bordeaux, Marseille, Toulouse, Lyon, Strasbourg, Lille, Nantes, Metz, Nancy, Rennes, Nîmes, Bar-le-Duc, Besançon ou Saint-Brieuc … Des rencontres sont prévues dans tout le pays.

Certains appellent également à des retraits massifs en espèces auprès des distributeurs, sans soulever les préoccupations du secteur bancaire.

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