La transparence des coûts de certains contrats d'assurance vie fait l'objet d'une modification de la loi sur le pacte. L'idée est de créer un contexte plus favorable à la concurrence en mettant en lumière les montants versés aux assureurs par les sociétés de gestion. Décodage.

L'assurance-vie convoquée pour financer l'économie

Le ministre de l'Économie s'attaque à la question: le plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises doit " permettre aux Français de mieux préparer leur retraite mais aussi de mieux financer l'économie ". L’assurance vie est un produit d’épargne concerné car elle est largement utilisée par les Français pour préparer leur retraite. Les fonds placés sur des contrats d'assurance vie représentent 1,700 milliard d'euros. Seulement 20% sont investi en unités de compte dont le capital n'est pas garanti.

Les pouvoirs publics cherchent à effrayer cette manne financière en faveur d'investissements certes plus risqués mais qui financent l'activité économique. Le gouvernement actuel a précisément pour ambition d'encourager les épargnants à affecter leur épargne-retraite à ces véhicules financiers. Le souci est que les médias liés à des unités peinent à convaincre malgré les efforts des institutions financières. Si l'aversion pour le risque des Français est enceinte, le gouvernement cherche à balayer un autre problème: le manque de transparence.

Bercy mise sur la transparence pour dynamiser la concurrence

Bercy soutient les amendements à la loi sur le pacte qui invitent Traiter les contrats d’assurance-vie investis dans des fonds de placement ou des actions sans garantie du capital. Qu'est-ce qui est envisagé? UNE " obligation d'information annuelle »Tant sur les charges perçues sur les unités de compte que sur les frais de commission éventuellement affectés par l'assureur. L'objectif est de stimuler la concurrence en présentant aux épargnants le poids des sommes versées par les sociétés de gestion aux assureurs, de sorte que leur impact sur le rendement serve.

Interrogé sur le sujet, Hugo Bompard, créateur de la fintech Nalo, confirme: " Les unités de compte ont souvent des frais élevés et il existe un manque de transparence concernant la rémunération de l'assureur et du distributeur prélevée pour le compte de la gestion de ces investissements.. ". La transparence pourrait avoir un léger impact sur les prix. Cependant, Antoine Delon, président du courtier en ligne LinXea, relativise cette décision: " Cette transparence est déjà prévue par la directive européenne sur la répartition de l'assurance (DDA) qui entre en vigueur le 1 er octobre.. ".

Frais internes des sociétés de gestion qui pèsent

En avril dernier, le site Good Value for Money s’intéressait aux charges internes des unités de compte ponctuées par les sociétés de gestion. Résultats: ceux-ci sont supérieurs aux frais de gestion de l'assureur. Le directeur du portail, Cyrille Chartier-Kastler, a déclaré que " l'unité de compte dans laquelle l'investisseur investit augmente d'au moins 3% par an pour que ce dernier puisse préserver son capital. ". Outre les frais de gestion de l'assureur (0,90% en moyenne), des frais moins visibles, évalués à 2,1%, s'appliquent.

L'étude explique: " La crevaison de ces coûts n’est pas très visible pour l’épargnant, car elle s’effectue au sein même du support en réduisant sa valeur. Toutefois, ces frais sont dans la pratique beaucoup plus élevés que les frais de gestion des encours UC pris beaucoup plus "perceptibles" par l’assureur vie. ". Un bon rapport qualité-prix souligne également le large fossé entre les différentes catégories de fonds, allant de 2,45% par an pour une gestion flexible à 0,36% pour les trackers et les ETF, passant de 2,05% pour la gestion profilée et de 2,10% pour les actions.

La transférabilité de l'assurance vie verrouillée

Porté par les députés de la majorité, l'autre idée d'augmenter la concurrence sur leassurance-vie est d'imposer la transférabilité des contrats. Ce transfert d'un assureur à un autre est actuellement impossible. Résultat: l'épargnant est obligé de fermer son contrat. Celui-ci perd son antériorité et son imposition avantageuse qui en résulte 8 ans de détention.

C’est un frein pour l’épargnant mais cette proposition a été rejetée par une commission spéciale. Pourtant, un sondage mené par YouGov pour Nalo indique que 7 Français sur 10 sont favorables à cette opportunité.. En guise d'argument, le gouvernement dit qu'il se méfie d'un " augmentation de la liquidité des contrats d'assurance vie [qui] les assureurs investiraient encore moins dans les actions "L’opposé de ce qu’il prêche. Les débats parlementaires se poursuivent.