Les assureurs-vie attendus en 2019 face aux épargnants & # 39; les choix

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La situation est compliquée pour les assureurs vie. Pendant plusieurs années, ils se sont efforcés d’orienter la collecte plus loin vers médias liés à l'unité ( UC), le marché boursier ne les prend actuellement pas en charge.

Les UC – qui n'offrent pas la garantie de capital contrairement aux soi-disant fonds en euros – sont en effet, pour beaucoup d'entre eux, très investis en actions. Mais, comme le regrettent souvent les assureurs, les Français sont toujours plus enclins à prendre des risques lorsque les marchés se portent bien qu'en cas de vents contraires.

Réduire l'appétit

"Nous avons constaté un appétit légèrement plus faible pour les épargnants pour les UC au cours du dernier trimestre au cours de la turbulence des marchés boursiers", indique Philippe Perret, directeur général de Société Générale Assurances et Sogecap. Une situation également vécue par d'autres opérateurs à partir d'octobre ou de décembre.

Après avoir culminé à 30% au premier semestre de 2018, la part de UC dans le total des entrées brutes n’était que de 28% sur onze mois, selon les chiffres de la Fédération française des assurances. Ou moins qu'en 2017 (29%).

"Bons niveaux d'entrée"

Pour les assureurs, il est important de vendre plus d’UC, car ils ont besoin d’immobiliser beaucoup moins capital réglementaire que les fonds en euros. Jusqu'à récemment, ils avaient réussi – le taux de production de ces produits n'était encore que de 21% en 2016.

L'année 2019 ne s'ouvre pas nécessairement sous les meilleurs auspices. "Après une phase de volatilité sur les marchés des actions, il y a toujours un manque de confiance parmi une grande partie des épargnants et la collecte sur les UC peut être ralentie. Il existe un risque de rachat sur les UC, alors que ce serait un bon moment pour réinvestir compte tenu du niveau du CAC 40 ", redoute Eric Lécuyer, directeur des assurances-vie de Covéa (GMF, MAAF, MMA). "Mais nous essayons d'expliquer aux clients que les niveaux actuels des marchés boursiers constituent de bons niveaux d'entrée pour le rendement", Philippe Perret abonde.

Diversifier les investissements

Un autre élément pourrait peser. La performance des unités de compte devrait globalement être négatif en 2018. Ce serait inédit depuis 2011 et pourrait apaiser l'ardeur de certains épargnants.

"En ce qui concerne l'environnement de marché, nous devrons faire preuve de beaucoup de pédagogie auprès des clients. Ils devront notamment les conseiller pour diversifier leurs investissements en UC dans plusieurs fonds, avec des liquidités liquides et non liquides. capital-investissement ou de l'immobilier. Ils ne pourront plus se limiter à une allocation pondérée sur quatre ou cinq fonds du patrimoine ", Hugues Aubry, membre du Comité exécutif en charge de l'épargne et de la gestion de patrimoine chez Generali France.

Il faut aussi, selon lui, " faire revivre une recette de grand-mère qui a fait ses preuves " : "Il est important d'investir régulièrement dans les UC. Nous n'avons jamais trouvé mieux pour lisser les performances au fil du temps."

Management géré

C'est également l'occasion pour les assureurs de proposer une gestion gérée ou mandatée, qui consiste pour l'épargnant à déléguer à un professionnel de la finance le soin de placer son épargne sur le bon support et de s'en occuper. "Cela évite des mouvements erratiques et des compromis massifs au mauvais moment, et atténue ainsi la cassure lorsque les marchés boursiers sont difficiles", explique Olivier Mariée, directeur des ventes et de la distribution chez AXA France.

En attendant, certains clients pourraient rechercher une plus grande sécurité. "Le fonds euro va inévitablement trouver un peu de faveur auprès des épargnants", attend Bernard Le Bras, PDG de Suravenir, la compagnie d’assurance vie du Crédit Mutuel Arkéa. Même si cet investissement – largement investi en obligations – génère de moins en moins d’année en année. Selon les prévisions de Good Value for Money, rendements moyens des fonds en euros devrait encore chuter, tombant à 1,60% pour 2018, contre 1,80% pour 2017.

Laurent Thévenin