Les gilets jaunes le martèlent: ils ne sont pas violents et ne se détériorent pas. Pourtant, l’un des quatre gilets jaunes jugés lors de sa comparution immédiate le 11 janvier 2019 devant le tribunal correctionnel de Caen Répondu aux dégradations, aux violences sur la police et surtout aux tentatives de destruction par le feu.

Dans l'acte VII, le 29 décembre 2018, le soudeur âgé de 30 ans, en congé de maladie depuis septembre, a tenté de mettre le feu à une station-service BP située à proximité du centre commercial Cora. Selon le bureau du procureur, il était "dans une colère incontrôlable", a vidé les restes des pistolets à gaz sur le sol et a jeté un allume-feu dans le conduit. L'intervention d'un employé qui a déclenché un disjoncteur a évité le pire. Un autre manifestant, moins excité, a jeté une pierre préventive sur l'incendiaire.

"Je ne suis pas fier de ce que j'ai fait"

La dernière des trois condamnations pour vol du défendeur remonte à 2009. Cependant, il n'a pas lancé de projectiles. Au cours de cet acte VII, plusieurs centaines d'agitateurs ont tenté de bloquer l'entrée de l'hypermarché: les gendarmes les ont repoussés avec des gaz lacrymogènes. Suit, le long des quatre voies, la bataille habituelle: pierres, cailloux et briques contre des bombes lacrymogènes. Six gendarmes sont blessés et huit voitures de la gendarmerie locale sont endommagées alors que les soldats sont à l'intérieur.

Au terme de l'enquête, quatre suspects, dont le présumé pyromane, ont été arrêtés le 9 janvier et jugés par le tribunal de la manifestation du 29 décembre: dans la salle d'audience, une trentaine de vestes jaunes sont venues porter leur affaire. soutien. En revanche, pas de solidarité entre les prévenus, âgés de 20 à 40 ans: deux d’entre eux en impliquent un troisième. Le système de défense n'est pas unanime. Si trois manifestants acceptent d'être jugés sur place, le présumé pyromane demande du temps pour préparer sa défense. L'affaire est automatiquement renvoyée à la prochaine audience, le 1er février.

Pointant vers le commissariat

Le tribunal décide uniquement de la détention ordonnée par le procureur: "Ce sont des voyous violents, avec un risque élevé de rétablissement des faits. Un seul des quatre n'a pas de casier judiciaire. Les quatre avocats ont tous plaidé pour une libération par la police. Le défenseur du plus jeune des accusés propose en 2017 un baccalauréat en agriculture, un travail d'employé agricole depuis 2018, un casier judiciaire vierge et "seulement deux manifestations".

Depuis une seule condamnation en 2003, le jeune homme de quarante ans travaille régulièrement en intérim. "Tous les mois en 2018", plaide son avocat qui évoque les souffrances et la faiblesse de son client ébranlé par la mort de deux de ses enfants. Père de quatre enfants, condamné à douze reprises, le quatrième accusé, âgé de 28 ans, ne sait ni lire ni écrire: "Mon client qui reconnaît les faits a participé à deux événements", explique son défenseur. Par décision du tribunal, ces quatre vestes jaunes de Caen passeront l’as IX en détention. La veille, le préfet du Calvados, Laurent Fiscus, avait déclaré: "Il n'y a pas de beaux gilets jaunes et de méchants voyous."