L'étude de l'ACPR montre que les banques en ligne et les néo-banques ont réussi à trouver une place dans le secteur bancaire mature. Leur politique de prix et leurs services innovants ont attiré 4,4 millions de clients, dont 1,3 million en 2017. Décodage.

Banques et banques virtuelles en ligne: chiffres clés

L’autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), soutenue par la Banque de France, vient de publier un rapport début octobre sur banques en ligne et les néo-banques. De quoi ça sort? L'une des premières constatations est que ces acteurs ont réussi à gagner des parts de marché dans un secteur mature. À la fin de 2017, les banques en ligne et les banques mobiles auraient gagné 4,4 millions de clients. Alors que le taux de bancarisation en France atteint 99%, les auteurs du rapport en déduisent qu'ils ont attiré 6,5% de la population nationale (score maximum théorique).

Autre chiffre intéressant: le nombre de comptes courants en ligne ouverts à la fin de 2017. L'étude recense 3,1 millions, soit 3,9% des comptes courants en France (80 millions selon le rapport Mercereau 2014 relatif à la portabilité bancaire). L'année dernière, dans le cas de l'acquisition de clients, les banques en ligne et néobanques ont attiré 1,3 million de clients. Ce score est important car il représente un tiers des ouvertures de compte courant dans l'hexagone. L'étude repose sur le taux de mobilité bancaire de 4,5% annoncé dans le rapport Mercereau et sur le taux multi-banques.

Quel est le nombre de clients par banque en ligne?

Les 4,4 millions de clients des banques distantes ne se partagent pas à parts égales entre les différents acteurs. Ils sont souvent discrets sur la taille de leur portefeuille. cependant, Banque Boursorama est la première banque en ligne sur ce critère avec 1,5 million de clients annoncés. Le compte Nickel affiche sur son site un compteur dont le résultat dépasse 1,05 million de comptes souscrits. Pour compléter le podium, ING Direct flirte avec le million de clients, dont 400 000 comptes courants, le reste faisant référence aux livrets d’épargne. Fortuneo compte 400 000 clients en France, 375 000 Revolut (3 millions en Europe), bonjour banque! 350 000, 310 000 monabanq, 200 000 N26 (1,5 million en Europe) et Orange Bank entre 100 000 et 200 000.

L’ACPR indique qu’à la fin de 2020, les différents plans stratégiques des banques en ligne et des néo-banques visent à: 13,3 millions de clients au total, soit le triple de l’activité en trois ans (…) Si les plans stratégiques de certaines institutions peuvent s'avérer trop ambitieux, il est néanmoins difficile de juger des prévisions de rentabilité pour des acteurs dont la stratégie d'innovation et de développement peut induire de profonds changements dans le secteur. ".

La contribution des banques en ligne pour le secteur bancaire

L’ACPR questionne à juste titre la performance des banques en ligne en rappelant leur modèle économique, caractérisé par une clientèle parfois ponctuelle et par la récurrence des déficits. Ces derniers, en partie assumés, résultent d'une politique de prix agressive en matière d'acquisition de clients (bonus de bienvenue, campagne de marketing) et d'un manque d'équipements lucratifs (épargne, crédit). Bien que les situations varient d’un acteur à l’autre, l’étude met en évidence les faibles revenus: " une moyenne de sept établissements: 138 euros par an et par client (…) 20% des clients déclarent systématiquement plus de 80% du chiffre d'affaires et pour beaucoup d'entre eux plus de 90% ". En outre, " marge de dépôt des dépôts à vue et des livrets [alimente] en moyenne 55% du PNB ".

Néanmoins, l'autorité prudentielle note le rôle de premier plan joué par les banques en ligne et les néo-banques dans l'évolution des services bancaires. La course à l'innovation a permis de mieux exploiter les données à des fins de marketing. Par exemple, des solutions sont apparues pour gérer les finances personnelles. La relation client s'adapte également à de nouveaux comportements axés sur l'instantanéité et la flexibilité. Les banques en ligne appartenant aux grands groupes bancaires français jouent le rôle de stimulant mieux transformer la banque de détail en services proposés mais aussi en repensant l'expérience client en agence comme sur les applications mobiles.