Le grand débat débutera dans un climat économique et social défavorable

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Les craintes concernant la croissance française sont confirmées. Selon le dernier bulletin de la Banque de France publié le vendredi 11 janvier, le produit intérieur brut (PIB) a ralenti pour atteindre 0,2% au dernier trimestre de 2018, marqué notamment par le mouvement des "gilets jaunes" et une activité de freinage chez ses voisins européens. L'institution bancaire, qui prévoyait initialement une augmentation de 0,4%, avait déjà révisé ses prévisions de croissance à la baisse pour la période d'octobre à décembre. Ces projections sont conformes à celles de l’Insee, qui prévoit également un ralentissement de l’économie française en fin d’année.

Pour ce week-end, les autorités craignent une mobilisation "plus forte" et "plus radical". Pour ce samedi, le chef de la police nationale, Eric Morvan, anticipe "nous pouvons revenir à un niveau de mobilisation qui se situe avant les vacances de Noël". Le 15 décembre, le mouvement avait rassemblé 66 000 personnes dans toute la France, selon des chiffres officiels régulièrement mis au défi par la "vestes jaunes". Quelques jours avant le grand débat, la pression monte sur l'exécutif qui doit faire face à un gouffre économique tricolore alors que la crise des "gilets jaunes" dure plus de huit semaines.

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L'industrie souffrant

Dans le détail, les résultats recueillis par la Banque centrale indiquent que la production industrielle a régulièrement diminué entre août et novembre. Les carnets de commandes se sont détériorés au cours de cette période. En novembre, la production de l’ensemble de l’industrie a reculé de 1,3% par rapport à octobre et, sur un an, de 1,2% selon les derniers chiffres de l’INSEE. publié ce jeudi.

Malgré les mauvaises nouvelles, la production industrielle devrait reprendre de la vigueur en décembre, selon les entrepreneurs industriels interrogés par la Banque de France. En détails, "L'aéronautique, l'industrie agroalimentaire et l'automobile sont les secteurs les plus dynamiques, tandis que les textiles sont plus touchés par les mouvements sociaux qu'en novembre." Cependant, pour le mois de janvier, les dirigeants anticipent un changement significatif de la production.

S'agissant des services de marché, le climat des affaires s'est également dégradé en octobre et en novembre avant de rebondir en décembre. Dans le secteur de l’hébergement et de la restauration, les résultats indiquent une détérioration du climat des affaires en novembre et décembre, alors que celui-ci avait commencé bien avant.

En ce qui concerne le transport et l’entreposage, l’activité a clairement été touchée en novembre. Plusieurs grèves ont été enregistrées dans les raffineries Total, mais la croissance du secteur s’est nettement redressée au cours du dernier mois de l’année. Enfin, pour les services aux entreprises, l’activité est restée dynamique. Contrairement à leurs homologues du secteur, les chefs d’entreprise du secteur des services s’attendent à une accélération de l’activité en janvier. En ce qui concerne le bâtiment, l’activité a repris, notamment dans le gros oeuvre et face à des carnets de commandes assez bien remplis, les professionnels du secteur s’attendent à une croissance continue de l’activité en janvier.

Baisse de l'arrivée des touristes

L'escalade de la violence entre certaines personnes et la police lors de la mobilisation de "gilets jaunes" a refroidi un certain nombre de touristes étrangers. Selon Atout France, l’agence de promotion touristique française à l’étranger citée par leAFP les réservations de vols internationaux à Paris ont diminué en décembre. Pour les premiers jours de 2019, ces réservations seraient "en baisse de 6,8% pour les trois prochains mois, mais si les protestations cessaient, nous pourrions trouver rapidement de la croissance", a déclaré aux journalistes Christian Mantei, directeur général de Atout France.

"La situation est très nuancée selon les pays, nous sentons surtout l'inquiétude des Asiatiques, des clients qu'il faut rassurer. Mais les signaux sont positifs du côté des clients européens, qui constituent l'essentiel des bataillons" des touristes qui se rendent en France, a déclaré le secrétaire d’État, Jean-Baptiste Lemoyne. En France, "L'impact le plus fort a été enregistré sur le mois de décembre. En janvier et en février, cette baisse s'est ralentie et, en mars, nous reprenons une croissance des arrivées internationales. Nous devons maintenir cette spirale de la reprise", résumait M. Lemoyne. Il a déclaré avoir reçu au cours de la semaine plusieurs acteurs du secteur du tourisme français, notamment les responsables des Galeries Lafayette et de la Tour Eiffel.

Outre les répercussions sur le tourisme et le commerce, la confiance des investisseurs étrangers dans la capacité du gouvernement à mener à bien son programme de réformes pourrait s'affaiblir La galerie récemment économiste à Natixis, Véronique Janod. En effet, l'exécutif a déjà reporté ou reporté certains projets clés tels que l'assurance chômage ou les retraites.

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Un rebond possible

Malgré une fin d'année difficile pour l'économie tricolore, la demande intérieure pourrait revenir à la couleur au premier semestre. En effet, les mesures annoncées par Emmanuel Macron le 10 décembre dernier pourraient encore renforcer le pouvoir d'achat des Français. L'élargissement et l'accélération de la réévaluation de la prime d'activité, l'exemption des heures supplémentaires, l'annulation de l'augmentation de la CSG pour une grande partie des retraités auraient des effets significatifs sur le porte-monnaie français. Les économistes de l’Insee estiment dans leur travail que l’impact global "représenterait 0,5 point du revenu disponible brut (, BDR, le revenu disponible pour les ménages après les opérations de redistribution) au cours du premier trimestre de 2019." De plus, la baisse des prix du pétrole et de l'inflation joue déjà en faveur du porte-monnaie des Français.

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